Fiche pratique · Fiscalité

Prélèvements sociaux : taux et revenus concernés

Composition, taux 17,2 % ou 18,6 % depuis 2026, revenus concernés et articulation avec la flat tax : comprendre le coût fiscal réel de vos placements.

Prélèvements sociaux : taux et revenus concernés
En bref

Les prélèvements sociaux sont les contributions assises sur les revenus du capital (dividendes, intérêts, plus-values, loyers) qui s’ajoutent à l’impôt sur le revenu. Depuis le 1er janvier 2026, deux taux coexistent : 18,6 % pour la plupart des revenus mobiliers et 17,2 % pour les revenus fonciers, plus-values immobilières et assurance-vie.

Avec la flat tax (PFU), prélèvements sociaux et impôt forfaitaire se combinent en un taux global de 31,4 % sur les dividendes et intérêts.

Que regroupent les prélèvements sociaux ?

Sous l’appellation générique de prélèvements sociaux se cachent en réalité plusieurs contributions distinctes, créées à des époques différentes pour financer la protection sociale et la résorption de la dette sociale. Chacune possède son propre taux, mais elles sont prélevées de façon globale et apparaissent souvent sous une seule ligne sur vos relevés ou votre avis d’imposition. Le tableau ci-dessous en détaille la composition pour les deux taux qui coexistent depuis 2026.

ContributionTaux « 17,2 % »Taux « 18,6 % » (2026)Rôle
CSG (contribution sociale généralisée)9,2 %10,6 %Financement de la protection sociale
CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale)0,5 %0,5 %Résorption de la dette sociale
Prélèvement de solidarité7,5 %7,5 %Affecté au budget de l’État
Total17,2 %18,6 %

La principale variable est donc la CSG. Le prélèvement de solidarité (7,5 %) et la CRDS (0,5 %) demeurent inchangés. C’est la hausse de la CSG de 9,2 % à 10,6 % sur certains revenus du capital, introduite par la loi de financement de la Sécurité sociale, qui explique le passage mécanique de 17,2 % à 18,6 %.

Le taux global : 17,2 % ou 18,6 % selon le revenu ?

Contrairement à une idée répandue, il n’existe plus un taux unique de prélèvements sociaux depuis 2026, mais deux taux coexistants selon la nature du revenu. Le taux historique de 17,2 % était resté stable pendant plusieurs années ; la réforme de 2026 a introduit un taux majoré de 18,6 % réservé à une partie des revenus de capitaux mobiliers.

  • 18,6 % : s’applique notamment aux dividendes, aux intérêts (livrets fiscalisés, obligations), aux plus-values de cession de valeurs mobilières sur compte-titres ordinaire, ainsi qu’à certains retraits du PEA et aux sorties en capital du PER.
  • 17,2 % : reste en vigueur pour les revenus fonciers (loyers), les plus-values immobilières, les produits de l’assurance-vie et des contrats de capitalisation, ainsi que pour le PEL et le CEL relevant de l’ancien régime.

En pratique, il faut donc identifier la catégorie du revenu avant de calculer le poids des prélèvements sociaux. Une plus-value sur actions logée dans un compte-titres supportera 18,6 %, alors qu’une plus-value immobilière restera à 17,2 %. Les règles peuvent évoluer d’une loi de finances à l’autre : en cas de doute sur un produit précis, il est prudent de vérifier le taux applicable auprès de l’établissement financier ou de l’administration.

Quels revenus sont concernés par les prélèvements sociaux ?

Les prélèvements sociaux frappent les revenus du capital, par opposition aux revenus d’activité (salaires, bénéfices professionnels) qui supportent, eux, une CSG à un taux différent. L’administration distingue traditionnellement deux grandes familles.

  • Les revenus du patrimoine : revenus fonciers (loyers), rentes viagères à titre onéreux, plus-values professionnelles à long terme, certains revenus de capitaux mobiliers non soumis au prélèvement à la source. Ils sont recouvrés par voie de rôle, sur la base de la déclaration annuelle.
  • Les produits de placement : dividendes, intérêts, plus-values de cession de valeurs mobilières, produits d’assurance-vie, gains sur PEA. Ils sont généralement prélevés directement par l’établissement payeur au moment du versement ou du dénouement.

À cela s’ajoutent les plus-values immobilières, soumises aux prélèvements sociaux lors de la vente d’un bien (hors résidence principale exonérée), avec un abattement pour durée de détention conduisant à une exonération totale au bout de trente ans. Pour bien situer ces revenus dans votre déclaration, vous pouvez consulter notre guide sur la déclaration 2042.

Flat tax et prélèvements sociaux : le PFU à 31,4 %

Pour les revenus mobiliers (dividendes, intérêts, plus-values sur titres), le prélèvement forfaitaire unique (PFU), couramment appelé « flat tax », constitue le mode d’imposition par défaut. Le PFU additionne une part d’impôt sur le revenu et une part de prélèvements sociaux en un taux global.

Composante du PFUTaux
Impôt sur le revenu (taux forfaitaire)12,8 %
Prélèvements sociaux (depuis 2026)18,6 %
Total PFU (flat tax)31,4 %

Jusqu’en 2025, ce taux global s’élevait à 30 % (12,8 % + 17,2 %). La hausse de la CSG en 2026 porte la flat tax sur les dividendes et intérêts à 31,4 %. Le contribuable conserve toutefois la possibilité d’opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu, option globale qui s’applique alors à l’ensemble de ses revenus de capitaux mobiliers de l’année. Cette option peut être avantageuse pour les foyers faiblement ou non imposables, notamment grâce à l’abattement de 40 % sur les dividendes et à la déductibilité partielle de la CSG.

La CSG déductible : un avantage réservé au barème progressif

Une fraction de la CSG payée au titre des prélèvements sociaux peut, dans certains cas, être déduite du revenu imposable de l’année suivante. Cette déductibilité n’est toutefois pas automatique : elle ne joue que lorsque le revenu est soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu, et non lorsqu’il est imposé via la flat tax.

  • Imposition au PFU (flat tax) : la CSG n’est jamais déductible. L’impôt forfaitaire de 12,8 % est libératoire et ne permet aucune réduction d’assiette.
  • Option pour le barème progressif : une part de la CSG devient déductible du revenu global imposable de l’année de son paiement.

La fraction déductible correspond à 6,8 points de CSG. Concrètement, en optant pour le barème, le contribuable diminue son revenu imposable de l’année suivante d’un montant égal à 6,8 % des revenus concernés, ce qui réduit d’autant son impôt. Ce mécanisme renforce l’intérêt de l’option barème pour les contribuables aux tranches basses. Pour approfondir ce point, consultez notre article dédié à la CSG déductible.

Exemple chiffré : dividendes et plus-value

Prenons le cas d’un dirigeant qui se verse 10 000 € de dividendes en 2026, imposés par défaut à la flat tax. Le calcul se décompose ainsi :

  • Impôt sur le revenu (12,8 %) : 1 280 €
  • Prélèvements sociaux (18,6 %) : 1 860 €
  • Prélèvement total (31,4 %) : 3 140 €
  • Dividendes nets perçus : 6 860 €

Sur ces 1 860 € de prélèvements sociaux, la part CSG s’élève à 1 060 € (10,6 %). Au PFU, aucune de ces sommes n’est déductible. Si ce même dirigeant optait pour le barème progressif, il bénéficierait d’un abattement de 40 % sur l’assiette de l’impôt sur le revenu et pourrait déduire 680 € (6,8 %) de son revenu imposable l’année suivante — un arbitrage à faire au cas par cas selon sa tranche marginale.

Pour une plus-value mobilière de 10 000 € réalisée sur un compte-titres, la logique est identique (18,6 % de prélèvements sociaux). En revanche, une plus-value immobilière de même montant resterait soumise aux prélèvements sociaux au taux de 17,2 %, soit 1 720 €, après application des éventuels abattements pour durée de détention. La différence de traitement illustre l’importance d’identifier la nature exacte du revenu. Pour comprendre comment certains abattements réduisent l’assiette imposable, voyez notre page sur l’abattement fiscal.

Questions fréquentes

Le taux des prélèvements sociaux est-il de 17,2 % ou 18,6 % ?

Les deux coexistent depuis 2026. Le taux de 18,6 % s’applique à la plupart des revenus de capitaux mobiliers (dividendes, intérêts, plus-values sur titres), tandis que 17,2 % reste en vigueur pour les revenus fonciers, les plus-values immobilières et l’assurance-vie. La différence tient au taux de CSG (10,6 % contre 9,2 %).

Les prélèvements sociaux s’ajoutent-ils à l’impôt sur le revenu ?

Oui. Ils sont distincts de l’impôt sur le revenu et viennent s’y ajouter. Avec la flat tax, les deux sont regroupés dans un taux global de 31,4 % (12,8 % d’impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux), mais il s’agit bien de deux prélèvements de nature différente.

Peut-on déduire la CSG de son revenu imposable ?

Uniquement si l’on opte pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Dans ce cas, 6,8 points de CSG sont déductibles du revenu global de l’année de paiement. En cas d’imposition à la flat tax, la CSG n’est jamais déductible.

Le PEA et l’assurance-vie échappent-ils aux prélèvements sociaux ?

Non, ils bénéficient seulement d’une exonération d’impôt sur le revenu sous conditions de durée, mais les prélèvements sociaux restent dus sur les gains au moment du retrait ou du dénouement. L’assurance-vie demeure à 17,2 %, tandis que certains retraits de PEA relèvent désormais du taux de 18,6 %.

Source officielle : Service-Public.fr — Prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine.

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