Fiche pratique · Fiscalité

Fiscalité du PEA : plafonds, retraits et avantages

Après cinq ans de détention, les gains du Plan d’Épargne en Actions sont exonérés d’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux restant dus. Plafonds, retraits, titres éligibles : maîtriser les règles.

Fiscalité du PEA : plafonds, retraits et avantages
En bref

La fiscalité du PEA est l’un de ses principaux atouts : après cinq ans de détention, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux (en principe 17,2 %) restant dus. Le plan permet d’investir en actions européennes dans un cadre fiscal très avantageux pour le long terme.

Le plafond de versement est de 150 000 € pour un PEA classique, jusqu’à 225 000 € avec un PEA-PME-ETI. Un retrait avant 5 ans entraîne en principe la clôture du plan et l’imposition des gains.

Qu’est-ce que le PEA et comment fonctionne-t-il ?

Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) est une enveloppe d’investissement réglementée, créée pour encourager l’épargne des particuliers vers les actions d’entreprises européennes. Concrètement, il se compose de deux éléments indissociables : un compte-titres, qui héberge vos placements (actions, fonds), et un compte-espèces, qui sert à recevoir vos versements et les produits de vos placements (dividendes, plus-values de cession).

Tant que les gains restent à l’intérieur du plan et sont réinvestis, ils ne sont soumis à aucune imposition. C’est le mécanisme central : la capitalisation se fait en franchise d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, ces derniers n’étant prélevés qu’au moment d’un retrait. Chaque contribuable ne peut détenir qu’un seul PEA, et un foyer fiscal est limité à deux PEA (un par conjoint). Il existe par ailleurs une variante destinée au financement des petites et moyennes entreprises : le PEA-PME-ETI.

Plafonds de versement : PEA et PEA-PME

Le PEA est encadré par des plafonds de versement, c’est-à-dire des montants maximaux de sommes que vous pouvez y déposer. Attention : ces plafonds portent sur les versements effectués, non sur la valeur du plan. Vos plus-values peuvent donc porter la valorisation bien au-delà du plafond sans aucune conséquence.

Type de planPlafond de versementPublic concerné
PEA classique (bancaire ou assurance)150 000 €Majeur fiscalement autonome
PEA « Jeune »20 000 €Majeur rattaché au foyer fiscal des parents
PEA-PME-ETI225 000 €Investissement dans les PME et ETI

Point essentiel : il est possible de cumuler un PEA classique et un PEA-PME-ETI, mais le total des versements sur l’ensemble des plans ne peut pas dépasser 225 000 €. Ainsi, une personne ayant versé 150 000 € sur son PEA classique ne pourra verser que 75 000 € supplémentaires sur son PEA-PME.

Fiscalité du PEA selon la durée de détention

La fiscalité du PEA dépend avant tout de la date du premier retrait par rapport à la date d’ouverture du plan. Le seuil déterminant est celui des cinq ans. Tant que vous n’effectuez aucun retrait, aucune imposition ne s’applique, quelle que soit l’ancienneté du plan.

SituationImpôt sur le revenuPrélèvements sociauxConséquence sur le plan
Retrait avant 5 ansOui (PFU 12,8 % ou barème)Oui (17,2 %*)Clôture du plan (sauf exceptions)
Retrait après 5 ansNon (exonération)OuiAucune clôture (retraits partiels possibles)
Aucun retraitNonNonCapitalisation en franchise d’impôt

*Le taux des prélèvements sociaux est en principe de 17,2 %. Pour les plans concernés par les évolutions de taux applicables à compter de 2026, ce taux peut atteindre 18,6 % sur certaines fractions de gains. Le prélèvement forfaitaire unique (PFU ou « flat tax ») cumulant impôt et prélèvements sociaux passe alors de 30 % à environ 31,4 % pour les retraits anticipés.

Avant 5 ans : imposition et clôture

Tout retrait effectué avant le cinquième anniversaire du plan entraîne, en principe, sa clôture. Les gains nets réalisés depuis l’ouverture sont alors imposés au prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu (option possible pour le barème progressif), auxquels s’ajoutent les prélèvements sociaux. Le PEA perd alors tout son intérêt fiscal.

Après 5 ans : l’exonération d’impôt sur le revenu

C’est ici que réside le principal avantage du PEA. Passé le cap des cinq ans, les gains retirés sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux restent dus. De plus, un retrait partiel après cinq ans n’entraîne plus la clôture du plan, et vous pouvez continuer à effectuer de nouveaux versements dans la limite du plafond.

Exemple chiffré

Supposons un PEA ouvert depuis 7 ans, sur lequel vous avez versé 50 000 € et qui vaut désormais 70 000 €, soit un gain de 20 000 €. Si vous retirez la totalité :

  • Impôt sur le revenu : 0 € (exonération après 5 ans).
  • Prélèvements sociaux : 20 000 € × 17,2 % = 3 440 €.
  • Net perçu : 70 000 € − 3 440 € = 66 560 €.

À titre de comparaison, ce même gain de 20 000 € sur un compte-titres ordinaire aurait été soumis au PFU de 31,4 %, soit 6 280 € d’imposition. L’économie réalisée grâce au PEA s’élève dans cet exemple à 2 840 €.

Les prélèvements sociaux sur le PEA

Même lorsque l’impôt sur le revenu disparaît, les prélèvements sociaux demeurent. Ils s’élèvent en principe à 17,2 % et regroupent plusieurs contributions : la CSG (contribution sociale généralisée), la CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) et le prélèvement de solidarité. Ils sont calculés sur les gains nets et prélevés au moment du retrait.

Pour les PEA ouverts à compter du 1er janvier 2018, le taux de prélèvements sociaux applicable est celui en vigueur à la date de chaque retrait, ce qui peut conduire à appliquer un taux relevé pour les gains les plus récents. Contrairement à d’autres revenus, une partie de la CSG sur les revenus du patrimoine peut être déductible du revenu imposable l’année suivante, mais cet avantage ne joue pas lorsque les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu, comme c’est le cas pour un PEA de plus de cinq ans.

Retrait anticipé : conséquences et exceptions

La règle générale est sans ambiguïté : un retrait avant cinq ans provoque la clôture du PEA et l’imposition des gains. Toutefois, le législateur a prévu plusieurs situations dans lesquelles un retrait anticipé n’entraîne ni clôture ni imposition à l’impôt sur le revenu (les prélèvements sociaux restant dus) :

  • Licenciement, invalidité (2e ou 3e catégorie) ou mise à la retraite anticipée du titulaire ou de son conjoint.
  • Création ou reprise d’entreprise : les sommes retirées doivent être affectées au financement de cette création ou reprise dans un délai de trois mois.
  • Décès du titulaire (le plan est alors clôturé, mais les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu).
  • Retrait de titres de sociétés en liquidation judiciaire.

Ces cas particuliers sont utiles à connaître, notamment pour les entrepreneurs : le PEA peut servir de réserve d’épargne mobilisable pour lancer un projet, sans pénalité fiscale autre que les prélèvements sociaux.

Quels titres sont éligibles au PEA ?

Tous les placements ne peuvent pas figurer dans un PEA. L’enveloppe étant destinée au financement des entreprises européennes, les titres éligibles obéissent à des conditions précises :

  • Actions et certains titres assimilés de sociétés ayant leur siège dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen.
  • Parts de SARL ou de sociétés assimilées.
  • OPCVM (FCP, SICAV) et ETF investis à hauteur d’au moins 75 % en titres éligibles, ce qui inclut de nombreux fonds répliquant des indices européens.

En revanche, ne sont pas éligibles : les obligations détenues en direct, les actions de SIIC (foncières cotées), les titres détenus dans le cadre d’une épargne salariale, ainsi que les actions de sociétés non européennes. Pour le PEA-PME-ETI, les titres doivent être émis par des PME ou ETI de moins de 5 000 salariés et dont le chiffre d’affaires n’excède pas 1,5 milliard d’euros. Les parts de fonds commun de placement (FCP) éligibles peuvent ainsi être logées dans le plan.

PEA ou compte-titres ordinaire : quelles différences ?

Le compte-titres ordinaire (CTO) est l’enveloppe la plus souple : aucun plafond, accès à tous les marchés mondiaux (y compris les actions américaines), aucune contrainte de durée. En contrepartie, chaque plus-value et chaque dividende sont imposés, en principe au PFU de 31,4 % (12,8 % d’impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux) ou au barème progressif.

CritèrePEACompte-titres ordinaire
Plafond de versement150 000 € (225 000 € avec PEA-PME)Aucun
Univers d’investissementActions et fonds européensTous les marchés mondiaux
Fiscalité après 5 ansExonération d’impôt sur le revenuPFU 31,4 % (ou barème)
Souplesse de retraitLimitée avant 5 ansTotale à tout moment

En résumé, le PEA est privilégié pour une stratégie de long terme sur les actions européennes, tandis que le CTO offre davantage de liberté et d’ouverture internationale, au prix d’une fiscalité moins avantageuse. Les deux enveloppes peuvent d’ailleurs se compléter au sein d’un même patrimoine. Pour comprendre les notions d’abattement fiscal applicables à certains gains mobiliers, il peut être utile de se référer à votre situation personnelle.

Questions fréquentes sur la fiscalité du PEA

Faut-il déclarer son PEA aux impôts ?

Tant que vous n’effectuez aucun retrait, vous n’avez aucun gain imposable à déclarer. En revanche, lors d’un retrait, l’établissement gestionnaire vous transmet les informations nécessaires via votre imprimé fiscal unique (IFU), qui récapitule les montants à reporter sur votre déclaration de revenus.

Les dividendes perçus dans un PEA sont-ils imposés ?

Non, à condition qu’ils restent dans le plan. Les dividendes versés par les actions logées dans le PEA sont encaissés sur le compte-espèces sans imposition immédiate. Ils ne supporteront l’impôt (le cas échéant) et les prélèvements sociaux qu’au moment d’un retrait, selon les mêmes règles que les plus-values.

Peut-on avoir plusieurs PEA ?

Chaque personne ne peut détenir qu’un seul PEA classique. Un couple soumis à imposition commune peut donc disposer de deux PEA, un par conjoint. Il est en revanche possible de cumuler son PEA classique avec un PEA-PME-ETI, dans la limite globale de 225 000 € de versements.

Que se passe-t-il en cas de retrait après 8 ans ?

Après huit ans, le plan reste ouvert et les retraits partiels n’entraînent ni clôture ni interdiction de nouveaux versements. La fiscalité reste identique à celle applicable après cinq ans : exonération d’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux s’appliquant aux gains retirés.

Source officielle : economie.gouv.fr — Le Plan d’Épargne en Actions (PEA).

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