Fiche pratique · Paie & social
Congé parental : durée et rémunération
Combien de temps peut-on s’absenter pour élever son enfant, et perçoit-on un revenu ? Durée, conditions et rémunération du congé parental, PreParE comprise.

Le congé parental d’éducation permet d’interrompre ou de réduire son activité après une naissance ou une adoption, jusqu’aux 3 ans de l’enfant (un an renouvelable deux fois). Il est ouvert à tout salarié justifiant d’au moins un an d’ancienneté et l’employeur ne peut pas le refuser.
Il n’est pas rémunéré par l’employeur. Seule la PreParE versée par la CAF peut apporter un revenu de remplacement partiel, soit 459,70 €/mois en cessation totale (montants du 1ᵉʳ avril 2025 au 31 mars 2026), sous conditions d’activité antérieure.
Qu’est-ce que le congé parental d’éducation ?
Le congé parental d’éducation est un droit ouvert à tout salarié, père ou mère, qui souhaite suspendre ou réduire son activité professionnelle pour s’occuper de son enfant après une naissance ou l’arrivée d’un enfant adopté de moins de 16 ans. Ce congé est encadré par le Code du travail et s’impose à l’employeur dès lors que le salarié remplit les conditions requises : l’employeur ne peut pas le refuser.
Il faut bien distinguer le congé parental d’éducation, qui concerne la relation entre le salarié et son employeur (suspension ou aménagement du contrat de travail), de la PreParE (Prestation partagée d’éducation de l’enfant), qui est l’aide financière versée par la Caisse d’allocations familiales. Le premier ouvre un droit à l’absence ; la seconde, sous réserve d’éligibilité, apporte un revenu de remplacement partiel. Les deux dispositifs sont liés mais obéissent à des règles distinctes.
Quelles sont les conditions pour en bénéficier ?
La condition centrale pour ouvrir un droit au congé parental d’éducation est une ancienneté d’au moins un an dans l’entreprise. Cette ancienneté s’apprécie à la date de naissance de l’enfant ou, en cas d’adoption, à la date d’arrivée de l’enfant au foyer. Un salarié récemment embauché ne pourra donc pas en bénéficier immédiatement, même s’il vient de devenir parent.
Aucune condition de taille d’entreprise n’est exigée : le droit s’applique aussi bien dans une TPE que dans un grand groupe. Le salarié doit informer son employeur du point de départ et de la durée du congé qu’il envisage. Le respect d’un délai de prévenance est indispensable : en principe, le salarié doit prévenir au moins un mois avant le terme de son congé maternité ou d’adoption s’il enchaîne directement, ou deux mois avant le début du congé parental dans les autres cas. Cette information doit être adressée par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise contre récépissé, afin de constituer une preuve.
Durée et renouvellement du congé parental
La durée initiale du congé parental d’éducation est d’un an maximum. Ce congé peut ensuite être renouvelé : il est possible de procéder à deux renouvellements, chacun d’une durée maximale d’un an, de sorte que le congé prenne fin au plus tard l’année du troisième anniversaire de l’enfant. Autrement dit, en cumulant la période initiale et les renouvellements, un parent peut s’absenter jusqu’aux 3 ans de l’enfant.
En cas de naissances multiples, la durée peut être allongée. Pour des jumeaux, le congé peut être prolongé jusqu’à l’entrée à l’école maternelle ; pour des naissances multiples d’au moins trois enfants, il peut être renouvelé plusieurs fois jusqu’au sixième anniversaire des enfants. En cas d’adoption d’un enfant de moins de 3 ans, les règles sont alignées sur celles de la naissance.
Une prolongation exceptionnelle d’un an supplémentaire est par ailleurs prévue lorsque l’enfant est victime d’une maladie, d’un accident grave ou d’un handicap grave. Chaque période de renouvellement peut être plus courte ou plus longue que la précédente, dans la limite du terme global fixé par la loi. Le salarié qui souhaite modifier la nature de son congé (passer d’un temps plein à un temps partiel, par exemple) doit là encore respecter un délai de prévenance d’un mois.
Congé parental à temps plein ou à temps partiel
Le congé parental d’éducation peut prendre deux formes. La première est l’interruption totale d’activité : le contrat de travail est alors suspendu, le salarié ne travaille plus et ne perçoit aucun salaire de son employeur. La seconde est la réduction d’activité, c’est-à-dire un passage à temps partiel.
Dans le cas du temps partiel, la loi impose une durée d’activité d’au moins 16 heures par semaine. En dessous de ce seuil, le congé parental à temps partiel n’est pas possible. La répartition des horaires de travail est déterminée d’un commun accord entre l’employeur et le salarié ; en cas de désaccord, c’est l’employeur qui fixe les horaires. Le passage à temps partiel se traduit concrètement par la signature d’un avenant au contrat de travail précisant la nouvelle durée et la répartition du temps de travail.
Pendant un congé parental à temps partiel, le salarié perçoit un salaire proportionnel aux heures réellement travaillées. Ce salaire peut, sous conditions, être complété par la PreParE à taux partiel. Le choix entre temps plein et temps partiel dépend donc à la fois des besoins de l’organisation familiale et de l’arbitrage financier que le foyer souhaite opérer.
Rémunération et PreParE : ce que verse la CAF
Point essentiel : le congé parental d’éducation n’est pas rémunéré par l’employeur. Aucun salaire n’est dû pendant la suspension du contrat. La seule source de revenu possible est la PreParE (Prestation partagée d’éducation de l’enfant), versée par la CAF ou la MSA, à condition de remplir les critères d’éligibilité.
Pour percevoir la PreParE, le parent doit justifier d’une activité professionnelle antérieure minimale (au moins 8 trimestres de cotisation vieillesse, appréciés sur une période de 2, 4 ou 5 ans selon le nombre d’enfants) et avoir interrompu ou réduit son activité. Les montants applicables sur la période du 1er avril 2025 au 31 mars 2026 sont les suivants :
- Cessation totale d’activité : 459,70 € par mois.
- Activité à temps partiel inférieure ou égale à 50 % : 297,17 € par mois.
- Activité à temps partiel comprise entre 50 % et 80 % : 171,42 € par mois.
- PreParE majorée (familles de 3 enfants et plus, en cessation totale) : 751,40 € par mois, sur une durée plus courte.
La durée de versement dépend du nombre d’enfants. Pour un premier enfant, la PreParE est versée jusqu’au premier anniversaire de l’enfant, à raison de 6 mois maximum par parent au sein d’un couple (l’autre parent peut prendre les 6 mois suivants). Pour deux enfants ou plus, elle peut être versée jusqu’aux 3 ans du plus jeune enfant, dans la limite de 24 mois maximum par parent au sein d’un couple. Pour un parent isolé, la durée court jusqu’à l’âge limite sans partage obligatoire. Le dispositif est dit « partagé » car il incite chaque parent à prendre une partie du congé.
Exemple chiffré. Prenons Sophie, mère de deux enfants, qui décide de cesser totalement son activité pendant 12 mois pour s’occuper de son deuxième enfant. Elle percevra 459,70 € par mois de PreParE, soit 5 516,40 € sur l’année, sans aucun salaire de son employeur. Si, au lieu d’une cessation totale, elle avait opté pour un temps partiel à 60 % (donc une réduction d’activité comprise entre 50 % et 80 %), elle aurait perçu son salaire correspondant à 60 % de son activité, complété par 171,42 € de PreParE par mois. Le choix entre les deux formules dépend largement du niveau de salaire et de l’organisation familiale.
À noter : la PreParE ne se cumule pas avec certaines autres prestations et son montant ne tient pas compte des ressources du foyer. Pour comparer avec d’autres dispositifs de rémunération, vous pouvez consulter notre point sur le SMIC 2025, qui sert de référence dans de nombreux calculs sociaux.
Protection du salarié et retour dans l’entreprise
Le congé parental d’éducation offre une protection forte. Pendant toute la durée du congé, le contrat de travail est suspendu (en cas de temps plein) ou aménagé (en cas de temps partiel), mais il n’est jamais rompu. À l’issue du congé, le salarié retrouve son précédent emploi ou un emploi similaire assorti d’une rémunération au moins équivalente. L’employeur ne peut pas profiter de cette période pour modifier défavorablement la situation du salarié.
La durée du congé parental d’éducation est par ailleurs prise en compte pour partie dans le calcul de l’ancienneté et des droits liés. Le salarié de retour peut également bénéficier d’un entretien professionnel pour faire le point sur son évolution et ses besoins éventuels de formation. À noter qu’à l’inverse d’une fin de CDD, le retour de congé parental ne donne pas lieu au versement d’une prime de précarité, ce dispositif étant réservé à des situations contractuelles spécifiques.
Enfin, les congés payés acquis avant le départ ne sont pas perdus. La gestion de ces droits peut s’avérer technique ; notre article dédié au calcul des congés payés vous aidera à y voir plus clair sur l’articulation entre congé parental et droits à congés.
Questions fréquentes
Le congé parental est-il payé par l’employeur ?
Non. Le congé parental d’éducation n’est pas rémunéré par l’employeur. En cas de cessation totale, le salarié ne perçoit aucun salaire. Seule la PreParE versée par la CAF peut apporter un revenu de remplacement partiel, sous réserve de remplir les conditions d’activité antérieure. En cas de temps partiel, le salarié perçoit un salaire proportionnel aux heures travaillées.
Quelle est la durée maximale du congé parental ?
Le congé parental peut durer jusqu’aux 3 ans de l’enfant : une période initiale d’un an renouvelable deux fois. Des prolongations existent en cas de naissances multiples (jusqu’à l’entrée en maternelle, voire les 6 ans pour des triplés et plus) ou en cas de maladie, accident ou handicap grave de l’enfant (un an supplémentaire).
Peut-on travailler à temps partiel pendant un congé parental ?
Oui, à condition de travailler au minimum 16 heures par semaine. Le passage à temps partiel donne lieu à un avenant au contrat de travail. La répartition des horaires est fixée d’un commun accord, ou à défaut par l’employeur. Le salarié perçoit alors un salaire proportionnel, éventuellement complété par la PreParE à taux partiel.
Mon employeur peut-il refuser le congé parental ?
Non. Dès lors que le salarié justifie d’au moins un an d’ancienneté et respecte le délai de prévenance, l’employeur ne peut pas s’opposer au congé parental d’éducation. Il s’agit d’un droit. Le salarié est en outre protégé : il retrouve son emploi ou un emploi similaire à rémunération au moins équivalente à son retour.
Source officielle : service-public.gouv.fr — Congé parental d’éducation et PreParE. Les montants et règles sont susceptibles d’évoluer ; vérifiez les barèmes en vigueur sur les sites de la CAF et de service-public.fr.
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