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Calcul de l’indemnité de précarité (CDD)

Estimez la prime de précarité due à la fin d’un contrat à durée déterminée.

Rémunération brute totale
Indemnité de précarité

L’indemnité de fin de contrat (prime de précarité) est égale à 10 % de la rémunération brute totale versée pendant le CDD (6 % possible sous conditions). Elle s’ajoute au solde de tout compte.

Qu’est-ce que l’indemnité de précarité ?

L’indemnité de fin de contrat, appelée « prime de précarité », compense la situation précaire du salarié en CDD. Elle est égale à 10 % de la rémunération brute totale perçue pendant le contrat (renouvellements inclus). Un accord de branche peut la réduire à 6 % en contrepartie d’un accès à la formation.

Quand n’est-elle pas due ?

  • CDD saisonnier ou d’usage ;
  • Contrat conclu avec un jeune pendant ses vacances scolaires ou universitaires ;
  • Refus par le salarié d’un CDI pour le même emploi (ou un emploi similaire) ;
  • Rupture anticipée à l’initiative du salarié, faute grave ou force majeure ;
  • Contrats aidés et certains contrats de formation en alternance.

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En bref

La prime de précarité, juridiquement « indemnité de fin de contrat », est versée au salarié à l’issue de son CDD ou de sa mission d’intérim pour compenser l’instabilité d’un emploi temporaire. Elle est égale en principe à 10 % de la rémunération brute totale versée pendant le contrat, renouvellements inclus.

Tous les contrats n’y ouvrent pas droit, certains comportements du salarié en font perdre le bénéfice, et un accord collectif peut en abaisser le taux à 6 % sous conditions. Elle est traitée comme un complément de salaire (cotisations, CSG-CRDS, impôt).

Quel est le montant de la prime de précarité ?

Le montant légal de la prime de précarité est égal à au moins 10 % de la rémunération brute totale versée au salarié pendant toute la durée du contrat, renouvellements inclus. La base de calcul comprend le salaire de base, mais aussi les primes, les heures supplémentaires, les majorations et tous les éléments de rémunération bruts perçus au titre du contrat.

Point important : l’indemnité compensatrice de congés payés (généralement 10 % elle aussi) n’entre pas dans l’assiette de calcul de la prime de précarité. En revanche, la prime de précarité elle-même est intégrée dans la base servant au calcul de l’indemnité de congés payés finale.

Prime de précarité = rémunération brute totale du CDD × 10 % (ou 6 % sous conditions) — hors indemnité de congés payés.

Exemple chiffré : calcul de la prime de précarité

Prenons un salarié embauché en CDD de 6 mois, rémunéré 2 200 € brut par mois. Sur la durée du contrat, sa rémunération brute totale s’élève à 6 × 2 200 € = 13 200 €.

ÉlémentMontant
Rémunération brute totale du CDD (6 × 2 200 €)13 200 €
Prime de précarité au taux de droit commun (10 %)1 320 € brut
Prime de précarité au taux réduit (6 %)792 € brut
Indemnité compensatrice de congés payéscalculée séparément

À cette prime s’ajoute donc l’indemnité compensatrice de congés payés, calculée à part. Si un accord collectif applicable prévoit un taux réduit de 6 %, la prime tombe à 792 € brut : l’écart de 528 € justifie de vérifier la convention collective avant d’établir le solde de tout compte.

Comment calculer la rémunération brute totale d’un CDD ?

La prime se calcule sur le brut réellement versé, pas sur un salaire théorique. Pour un CDD à temps plein de 35 heures hebdomadaires, la base mensuelle correspond à 151,67 heures (35 × 52 ÷ 12) multipliées par le taux horaire brut. Il faut ensuite ajouter, mois par mois :

  • les heures supplémentaires et leurs majorations ;
  • les primes versées au titre du contrat (prime d’objectif, de rendement, treizième mois au prorata…) ;
  • les majorations conventionnelles (travail de nuit, du dimanche, jours fériés) ;
  • les périodes de renouvellement du CDD, qui font partie du même contrat.

Sont en revanche exclus de l’assiette : l’indemnité compensatrice de congés payés, les remboursements de frais professionnels et les sommes qui n’ont pas la nature de salaire. Le simulateur ci-dessus applique le taux directement sur le brut total que vous saisissez : reprenez le cumul figurant sur le dernier bulletin de paie du contrat pour obtenir un résultat fidèle.

À quels contrats la prime de précarité s’applique-t-elle ?

La prime de précarité est due au terme de la grande majorité des CDD classiques et des missions d’intérim, lorsque la relation de travail prend fin à la date prévue sans se poursuivre.

  • CDD de droit commun : remplacement d’un salarié absent, accroissement temporaire d’activité, contrat à terme précis ou imprécis.
  • Contrat de travail temporaire (intérim) : une indemnité de fin de mission de 10 % est versée par l’entreprise de travail temporaire à l’issue de chaque mission accomplie.
  • CDD à objet défini et autres CDD spécifiques, sous réserve de leurs règles propres.

La prime est versée quel que soit le motif de recours, dès lors que le contrat arrive à son terme normal et que le salarié ne se trouve dans aucun cas d’exclusion. Lorsqu’un CDD est prolongé ou modifié, mieux vaut vérifier que les avenants successifs respectent le cadre légal : nous le détaillons dans notre fiche sur l’avenant au contrat de travail.

Le taux réduit à 6 % : dans quels cas ?

Le Code du travail autorise un abaissement du taux de 10 % à 6 %. Cette réduction n’est pas automatique : elle est strictement encadrée par deux conditions cumulatives.

  1. Le taux réduit doit être prévu par une convention ou un accord collectif de branche étendu, ou par un accord d’entreprise ou d’établissement.
  2. Le salarié doit bénéficier de contreparties concrètes, notamment un accès privilégié à la formation professionnelle (bilan de compétences, action de formation ou de conversion).

En l’absence de ces contreparties réelles, appliquer 6 % est risqué pour l’employeur : le salarié peut réclamer la différence avec le taux de 10 %, avec un rappel de salaire à la clé. Mieux vaut sécuriser ce point avant d’établir la paie.

Régime social et fiscal de la prime de précarité

Contrairement à certaines indemnités de rupture, la prime de précarité n’est pas exonérée. Elle est traitée comme un complément de salaire :

  • Cotisations sociales : la prime y est soumise (parts salariale et patronale) au même titre qu’un salaire.
  • CSG et CRDS : elle entre dans leur assiette.
  • Impôt sur le revenu : elle est imposable et soumise au prélèvement à la source.

Le montant net perçu par le salarié est donc inférieur au brut affiché par le simulateur. Ce traitement se distingue de celui des indemnités de rupture conventionnelle, qui bénéficient d’un régime social et fiscal spécifique sous conditions.

Quand et comment la prime est-elle versée ?

La prime de précarité est versée à la fin du contrat, en même temps que le dernier salaire. Elle figure obligatoirement sur le dernier bulletin de paie, sur une ligne distincte, et entre dans le solde de tout compte remis au salarié, aux côtés de l’indemnité compensatrice de congés payés.

Le salarié doit également recevoir ses documents de fin de contrat : certificat de travail, attestation France Travail et reçu pour solde de tout compte. En cas d’oubli ou de mauvais calcul, il peut réclamer la régularisation et l’employeur s’expose à un contentieux prud’homal : la fiabilité de la paie de fin de contrat est un enjeu réel.

Questions fréquentes

La prime de précarité est-elle imposable ?

Oui : elle est soumise aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu, comme un salaire. Elle figure sur le dernier bulletin de paie et dans le solde de tout compte.

Comment calculer sa prime de précarité ?

Additionnez toute la rémunération brute perçue pendant le CDD (salaire de base, heures supplémentaires, primes, renouvellements compris), puis appliquez 10 % — ou 6 % si un accord collectif le prévoit avec des contreparties de formation. Le simulateur en haut de page effectue ce calcul instantanément.

La prime de précarité est-elle due en cas de rupture pendant la période d’essai ?

Non. Lorsque le CDD est rompu pendant la période d’essai, à l’initiative de l’employeur comme du salarié, la prime n’est pas due : le contrat ne va pas jusqu’à son terme normal.

Un CDD transformé en CDI ouvre-t-il droit à la prime ?

Non. Si l’employeur embauche le salarié en CDI sans interruption à l’issue du CDD, la situation précaire disparaît et la prime n’est pas versée. Il en va de même si le salarié refuse une offre de CDI portant sur le même emploi, ou un emploi similaire, avec une rémunération au moins équivalente.

La prime de précarité s’applique-t-elle aux contrats d’apprentissage ?

Non. Le contrat d’apprentissage, comme le contrat de professionnalisation, est exclu du dispositif : la logique de ces contrats est formative, et non un recours à un emploi précaire.

Prime de précarité et congés payés se cumulent-elles ?

Oui, ce sont deux sommes distinctes versées ensemble au solde de tout compte. L’indemnité de congés payés n’entre pas dans l’assiette de la prime de précarité, mais la prime de précarité, elle, entre dans la base de calcul de l’indemnité de congés payés.

Prime de précarité et indemnité de fin de mission d’intérim, est-ce la même chose ?

Le principe et le taux sont identiques (10 % de la rémunération brute). La différence tient au versement : en intérim, c’est l’entreprise de travail temporaire qui verse l’indemnité de fin de mission, à l’issue de chaque mission effectivement accomplie.

Source officielle : service-public.fr — Fin d’un contrat à durée déterminée (CDD).

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