Fiche pratique · Fiscalité
Taxe sur les salaires : qui paie et comment la calculer
Un impôt versé par les employeurs qui ne sont pas, ou pas suffisamment, soumis à la TVA : associations, professions de santé, banques, holdings. Assujettissement, assiette, barème progressif et mécanismes d’allègement.

La taxe sur les salaires est due par les employeurs établis en France qui n’ont pas été soumis à la TVA l’année du versement des rémunérations, ou qui l’ont été sur moins de 90 % de leur chiffre d’affaires. Sont surtout concernés les associations, professions de santé, banques, assurances et holdings.
Elle se calcule selon un barème progressif (taux de 4,25 %, 8,50 % et 13,60 % en 2025). Les associations bénéficient d’un abattement de 24 041 € ; une franchise dispense de tout paiement sous 1 200 €.
Qui est redevable de la taxe sur les salaires ?
La taxe sur les salaires est due par les employeurs établis en France qui versent des rémunérations, sous réserve de remplir une condition tenant à leur situation au regard de la TVA. Concrètement, un employeur est redevable de la taxe lorsqu’il n’a pas été soumis à la TVA l’année du versement des rémunérations, ou lorsqu’il l’a été sur moins de 90 % de son chiffre d’affaires au titre de l’année civile précédant celle du paiement des salaires. C’est ce critère, et non la forme juridique ou la taille de la structure, qui détermine l’assujettissement.
En pratique, les employeurs les plus souvent concernés sont les associations relevant de la loi 1901, les syndicats professionnels, les professions de santé exerçant en libéral (médecins, infirmiers, laboratoires d’analyses), les établissements bancaires et financiers, les compagnies d’assurance, les mutuelles, les sociétés holdings animatrices ou non, ainsi que les organismes du secteur de l’enseignement et de l’aide à la personne. À l’inverse, une entreprise commerciale ou industrielle classique, intégralement assujettie à la TVA, n’a en principe aucune taxe sur les salaires à acquitter.
Certains employeurs bénéficient par ailleurs d’exonérations spécifiques prévues par la loi : l’État et les collectivités territoriales pour certaines de leurs activités, les particuliers employeurs de salariés à domicile, ou encore certains employeurs agricoles. La frontière entre redevables et exonérés étant parfois subtile, notamment pour les structures à activités mixtes, l’accompagnement d’un expert-comptable permet de sécuriser l’analyse.
Le principe d’assujettissement lié à la TVA
La logique de la taxe sur salaire repose sur une articulation avec la TVA : la taxe vient en quelque sorte « compenser » l’absence d’imposition à la TVA. Un employeur intégralement soumis à la TVA n’est donc pas redevable. Un employeur totalement hors champ de la TVA l’est sur la totalité de ses rémunérations. Entre les deux, le cas des assujettis partiels mérite une attention particulière.
Lorsqu’un employeur est soumis à la TVA sur une partie seulement de son chiffre d’affaires, et que cette part est inférieure à 90 % au titre de l’année civile précédente, il devient redevable de la taxe sur les salaires sur une base réduite. Cette base est obtenue en appliquant à l’ensemble des rémunérations un rapport d’assujettissement, calculé à partir de la proportion de chiffre d’affaires non soumise à la TVA. Plus l’activité non taxée à la TVA est importante, plus la part des rémunérations soumise à la taxe sur les salaires est élevée.
Ce mécanisme du rapport d’assujettissement est essentiel pour les structures à activités mixtes, comme certaines holdings qui réalisent à la fois des prestations facturées avec TVA et des opérations financières exonérées. Une erreur dans le calcul de ce rapport peut conduire à sous-estimer ou surestimer la taxe due. Comme pour d’autres prélèvements sociaux et fiscaux assis sur la masse salariale, la précision de l’assiette conditionne directement le montant final.
Quelle est l’assiette de la taxe sur les salaires ?
L’assiette de la taxe sur les salaires correspond, en principe, à celle retenue pour la CSG sur les revenus d’activité. Sont ainsi visés les salaires, indemnités, primes, gratifications et avantages en nature versés aux salariés, mais aussi, dans certains cas, les rémunérations de dirigeants. Toutefois, l’assiette de la taxe présente des particularités qui la distinguent de la base CSG : l’abattement de 1,75 % pour frais professionnels, applicable en matière de CSG, n’est pas pris en compte ici.
Certains éléments sont par ailleurs exclus de la base de calcul. C’est notamment le cas des gains liés à des stock-options ou à l’attribution d’actions gratuites dans certains cadres légaux, qui ne sont pas intégrés à l’assiette de la taxe sur les salaires. À l’inverse, la base inclut largement les rémunérations versées en numéraire comme les avantages en nature évalués selon les règles sociales. L’assiette se détermine sur l’ensemble des rémunérations versées au cours de l’année civile.
La bonne identification de l’assiette est une étape déterminante : c’est sur ce montant brut annuel, salarié par salarié, que s’applique ensuite le barème progressif. Un rapprochement avec les données de paie et la déclaration sociale nominative (DSN) est généralement nécessaire pour fiabiliser le calcul.
Le barème progressif 2025 par tranches
La taxe sur les salaires se calcule à partir d’un barème progressif comportant un taux normal et deux taux majorés, appliqués par tranches de rémunération annuelle individuelle. Pour les rémunérations versées en 2025, le barème applicable en France métropolitaine est le suivant :
| Tranche de rémunération annuelle individuelle | Taux applicable |
|---|---|
| Jusqu’à 9 147 € | 4,25 % |
| De 9 147 € à 18 258 € | 8,50 % |
| Au-delà de 18 258 € | 13,60 % |
Le barème est progressif : chaque taux ne s’applique qu’à la fraction de la rémunération comprise dans la tranche correspondante, et non à la totalité du salaire. Le taux normal de 4,25 % concerne la part jusqu’à 9 147 €, le premier taux majoré de 8,50 % la part comprise entre 9 147 € et 18 258 €, et le second taux majoré de 13,60 % la part dépassant 18 258 €. Ces seuils annuels correspondent à des seuils mensuels d’environ 762 € et 1 522 €.
Ces seuils sont en principe revalorisés chaque année dans la même proportion que la limite supérieure de la première tranche du barème de l’impôt sur le revenu. Il convient donc de toujours vérifier le barème de l’année concernée avant tout calcul. En cas de doute, le Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP) publie chaque année les montants à jour.
L’abattement spécifique aux associations
Les associations régies par la loi du 1er juillet 1901, les syndicats professionnels et leurs unions, ainsi que certaines mutuelles, bénéficient d’un abattement spécifique sur le montant de la taxe sur les salaires. Pour 2025, cet abattement s’élève à 24 041 €. Concrètement, la taxe n’est due que pour la part de son montant qui excède ce seuil : une association dont la taxe calculée reste inférieure à 24 041 € n’a donc aucune taxe à verser.
Cet abattement explique pourquoi un grand nombre de petites et moyennes associations employeuses, bien que théoriquement redevables, n’acquittent en pratique aucune taxe sur les salaires. Il constitue un soutien fiscal important au secteur associatif, dont l’activité repose largement sur l’emploi salarié sans génération de chiffre d’affaires soumis à la TVA. Le respect des conditions d’éligibilité, notamment la nature non lucrative de l’activité, est néanmoins requis pour en bénéficier. Le choix de la forme juridique adaptée, dès la rédaction des statuts d’association, peut ainsi avoir des conséquences fiscales concrètes.
Franchise et décote : les mécanismes d’allègement
Au-delà de l’abattement associatif, deux mécanismes généraux limitent le montant de la taxe sur les salaires pour les plus petits redevables : la franchise et la décote. La franchise dispense de paiement et de déclaration tout employeur dont le montant annuel de taxe sur les salaires est inférieur à 1 200 €. En deçà de ce seuil, aucune taxe n’est due et aucune déclaration n’est en principe à transmettre.
La décote prend le relais juste au-dessus de la franchise. Lorsque le montant annuel de la taxe est compris entre 1 200 € et 2 040 €, l’employeur bénéficie d’une réduction égale aux trois quarts de la différence entre 2 040 € et le montant réellement dû. La formule s’écrit ainsi : décote = 0,75 × (2 040 € − montant de la taxe). Ce dispositif permet d’atténuer l’effet de seuil et d’éviter une imposition brutale juste au-dessus de la limite de franchise. Au-delà de 2 040 €, la taxe est due pour son montant intégral, sans décote.
Ces mécanismes s’apprécient sur le montant total de taxe due au titre de l’année civile. Ils se cumulent, le cas échéant, avec l’abattement associatif : une association calcule d’abord la taxe, applique l’abattement de 24 041 €, puis vérifie la franchise et la décote sur le solde éventuel.
Exemple de calcul chiffré
Prenons l’exemple d’un cabinet médical libéral, non soumis à la TVA, qui emploie un salarié dont la rémunération annuelle brute s’élève à 25 000 € en 2025. Le calcul s’effectue tranche par tranche selon le barème progressif.
- Tranche 1 : 9 147 € × 4,25 % = 388,75 €
- Tranche 2 : (18 258 € − 9 147 €) × 8,50 % = 9 111 € × 8,50 % = 774,44 €
- Tranche 3 : (25 000 € − 18 258 €) × 13,60 % = 6 742 € × 13,60 % = 916,91 €
Le total de la taxe due pour ce salarié s’élève donc à environ 2 080 € (388,75 + 774,44 + 916,91). Ce montant dépassant le plafond de décote de 2 040 €, aucune réduction ne s’applique : la taxe est due en intégralité. Si l’employeur avait été une association loi 1901, l’abattement de 24 041 € aurait absorbé la totalité de la taxe, et aucun versement n’aurait été nécessaire. Cet exemple illustre l’écart de traitement considérable selon le statut du redevable.
Modalités de déclaration et de paiement
Les modalités déclaratives dépendent du montant de taxe acquitté l’année précédente. Selon les cas, l’employeur peut être tenu de verser des acomptes mensuels ou trimestriels au moyen du relevé de versement provisionnel n° 2501-SD, en cours d’année. Ces versements anticipés sont ensuite régularisés par la déclaration annuelle de liquidation et de régularisation n° 2502-SD, qui détermine le montant définitif de la taxe au titre de l’année.
La déclaration annuelle n° 2502-SD, accompagnée du paiement du solde, doit être télétransmise au plus tard le 15 janvier de l’année suivant celle au titre de laquelle la taxe est due, soit le 15 janvier 2026 pour les rémunérations versées en 2025. La déclaration et le paiement s’effectuent de manière dématérialisée, via l’espace professionnel sur le site des impôts. Il est recommandé de vérifier chaque année le calendrier et les seuils exacts auprès de l’administration.
Compte tenu de la technicité du calcul (détermination de l’assiette, rapport d’assujettissement pour les assujettis partiels, application du barème, abattements), la taxe sur les salaires est l’un des sujets pour lesquels l’accompagnement d’un expert-comptable apporte une réelle sécurité.
Questions fréquentes
Une entreprise soumise à la TVA paie-t-elle la taxe sur les salaires ?
Non, en principe. Un employeur soumis à la TVA sur au moins 90 % de son chiffre d’affaires n’est pas redevable de la taxe sur les salaires. La taxe ne concerne que les employeurs hors champ de la TVA ou assujettis sur moins de 90 % de leur chiffre d’affaires, qui sont alors imposés sur une base réduite par le rapport d’assujettissement.
Une association paie-t-elle la taxe sur les salaires ?
Une association employeuse est en principe redevable, mais elle bénéficie d’un abattement de 24 041 € en 2025. La taxe n’est due que sur la part excédant ce montant. De nombreuses petites associations n’acquittent donc en pratique aucune taxe, l’abattement absorbant la totalité de la taxe calculée.
Quand déclarer et payer la taxe sur les salaires ?
La déclaration annuelle n° 2502-SD doit être transmise, avec le paiement du solde, au plus tard le 15 janvier de l’année suivant le versement des rémunérations. Selon le montant payé l’année précédente, des acomptes mensuels ou trimestriels (relevé n° 2501-SD) peuvent être exigés en cours d’année.
Existe-t-il un seuil en dessous duquel rien n’est dû ?
Oui. Grâce à la franchise, aucune taxe n’est due et aucune déclaration n’est requise lorsque le montant annuel de taxe sur les salaires est inférieur à 1 200 €. Entre 1 200 € et 2 040 €, une décote réduit le montant à payer selon la formule 0,75 × (2 040 € − montant de la taxe).
Source officielle : economie.gouv.fr — Tout savoir sur la taxe sur les salaires.
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