Un modèle de bail commercial est le contrat de location qui lie un propriétaire (bailleur) à une entreprise locataire (preneur) exploitant un fonds de commerce, artisanal ou industriel dans des locaux donnés. Régi par les articles L.145-1 et suivants du Code de commerce, ce bail obéit à un statut protecteur dit « 3-6-9 » qui sécurise durablement le locataire mais engage fortement les deux parties. Avant de signer ou de rédiger un tel document, il est essentiel d’en comprendre les clauses obligatoires, le mécanisme de révision du loyer et les droits attachés au renouvellement.
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Qu’est-ce qu’un bail commercial et le statut « 3-6-9 » ?
Le bail commercial se caractérise par une durée minimale de neuf ans. Le locataire dispose toutefois de la faculté de donner congé à la fin de chaque période triennale, c’est-à-dire au terme de la 3e, de la 6e ou de la 9e année : c’est l’origine de l’appellation « bail 3-6-9 ». Cette souplesse profite essentiellement au preneur, le bailleur restant pour sa part engagé sur les neuf années.
Ce statut s’applique lorsque le locataire est immatriculé et exploite effectivement un fonds dans les lieux loués. Il se distingue nettement du bail professionnel, réservé aux professions libérales : si votre activité relève de cette dernière catégorie, reportez-vous plutôt à notre modèle de bail professionnel, soumis à des règles différentes.
Les clauses essentielles d’un modèle de bail commercial
Un bail commercial complet doit comporter un certain nombre de mentions indispensables. Voici les principales :
- L’identité des parties : bailleur et preneur, avec leurs coordonnées et numéros d’immatriculation.
- La désignation précise des locaux : adresse, surface, description des espaces loués.
- La clause de destination : l’activité que le locataire est autorisé à exercer. Une formule large (« tous commerces ») offre une flexibilité maximale au preneur ; une clause étroite restreint son activité et la valeur de son droit au bail.
- Le loyer et ses conditions de révision : montant, périodicité, indice de référence.
- Le dépôt de garantie : généralement fixé à trois mois de loyer hors charges.
- La répartition des charges et des travaux entre bailleur et preneur, via un inventaire détaillé.
- La durée et les modalités de résiliation.
- L’état des lieux d’entrée, à établir lors de la remise des clés. Pensez à utiliser un modèle d’état des lieux pour éviter tout litige à la sortie.
Loyer et révision : le rôle de l’ILC
Le loyer initial est librement fixé. En cours de bail, il peut être révisé tous les trois ans dans le cadre de la révision triennale légale. Pour les activités commerciales et artisanales, cette révision est encadrée par l’Indice des Loyers Commerciaux (ILC), publié par l’INSEE.
Si une clause du bail le prévoit, le dépôt de garantie est révisé en même temps que le loyer. De nombreux baux intègrent par ailleurs une clause d’indexation annuelle (clause d’échelle mobile) qui fait évoluer le loyer chaque année selon l’indice retenu, en complément de la révision triennale.
La répartition des charges depuis la loi Pinel
La loi n° 2014-626 du 18 juin 2014, dite « loi Pinel », a profondément encadré la répartition des charges. Tout bail commercial doit désormais comporter un inventaire précis et détaillé des charges, impôts et taxes liés au bail, ainsi que la clé de répartition entre bailleur et locataire.
Le décret n° 2014-1317 du 3 novembre 2014 (articles R.145-35 à R.145-37 du Code de commerce) précise les charges, impôts, taxes, redevances et travaux qui ne peuvent plus être mis à la charge du locataire. Parmi eux figurent notamment les grosses réparations de l’article 606 du Code civil et les dépenses liées à la vétusté de l’immeuble. Cet encadrement vise à rééquilibrer la relation entre les parties.
Droit au renouvellement et indemnité d’éviction
L’un des piliers du statut est le droit au renouvellement du bail au profit du locataire, sauf motif grave et légitime. Pour s’opposer au renouvellement, le bailleur doit signifier son refus, en principe par acte d’huissier, selon les délais et formes prévus par la loi.
S’il refuse le renouvellement sans motif légitime, le bailleur doit en principe verser une indemnité d’éviction destinée à réparer le préjudice subi par le locataire évincé (perte du fonds, frais de déménagement et de réinstallation, etc.). Cette indemnité peut représenter des sommes importantes, ce qui confère au droit au renouvellement une réelle valeur patrimoniale pour le preneur.
Les erreurs fréquentes à éviter
- Négliger la clause de destination : une activité non prévue au bail peut être interdite ou nécessiter une procédure de déspécialisation.
- Omettre l’inventaire des charges exigé par la loi Pinel, ce qui peut rendre certaines refacturations inopposables au locataire.
- Oublier l’état des lieux d’entrée, indispensable pour fixer les responsabilités en fin de bail.
- Confondre bail commercial, bail professionnel et simple domiciliation : si vous n’avez besoin que d’une adresse, la domiciliation d’entreprise est souvent plus adaptée qu’un bail.
- Mal anticiper la révision du loyer en omettant de préciser l’indice (ILC) et la périodicité.
Questions fréquentes
Quelle est la durée minimale d’un bail commercial ?
La durée minimale est de neuf ans. Le locataire peut toutefois résilier à l’issue de chaque période triennale, sauf clauses dérogatoires admises par la loi pour certains baux.
Quel est le montant habituel du dépôt de garantie ?
Il est librement fixé, mais correspond le plus souvent à environ trois mois de loyer hors charges. Le bail peut prévoir sa révision en même temps que le loyer.
Le locataire a-t-il droit au renouvellement ?
Oui, le statut lui confère un droit au renouvellement, sauf motif grave et légitime. À défaut de renouvellement sans motif légitime, le bailleur doit en principe verser une indemnité d’éviction.
Peut-on détenir des locaux commerciaux via une SCI ?
Oui. De nombreux entrepreneurs détiennent leurs murs commerciaux au travers d’une SCI (société civile immobilière), qui loue ensuite les locaux à la société d’exploitation. Ce montage appelle une attention particulière à la rédaction du bail.
Avertissement
Le bail commercial est un contrat à fort enjeu juridique et financier : sa durée de neuf ans, le droit au renouvellement, l’indemnité d’éviction et l’encadrement des charges engagent durablement les parties. Ce modèle et ces explications ont une vocation purement informative et ne sauraient remplacer un conseil personnalisé. Avant toute signature, faites valider votre projet par un professionnel du droit ou par votre expert-comptable. Pour approfondir le cadre légal, consultez la rubrique dédiée de Service-Public.fr (baux commerciaux). L’équipe Dinergie peut vous accompagner dans l’analyse de votre situation.





