Fiche pratique · Fiscalité
La déclaration 2035 (BNC, déclaration contrôlée)
C’est la déclaration de résultat des professions libérales au régime de la déclaration contrôlée. Recettes encaissées, dépenses, amortissements, télétransmission et comparaison avec le micro-BNC : le guide complet par Dinergie.

La déclaration n° 2035 est la déclaration de résultat des titulaires de bénéfices non commerciaux (BNC) — principalement les professions libérales — relevant du régime de la déclaration contrôlée (le régime réel des BNC). Elle détermine le bénéfice imposable à partir des recettes encaissées diminuées des dépenses professionnelles payées.
Le BNC se calcule en principe selon une comptabilité de trésorerie (encaissements − décaissements), avec déduction des amortissements des immobilisations. La 2035 se télétransmet chaque année (mode EDI), généralement au printemps. Elle s’oppose au micro-BNC, qui applique un abattement forfaitaire de 34 % sur les recettes sans tenir de comptabilité détaillée.
Qu’est-ce que la déclaration 2035 ?
Les bénéfices non commerciaux (BNC) recouvrent les revenus des professions libérales (médecins, avocats, architectes, consultants, professions de santé…), des titulaires de charges et offices, ainsi que certains revenus dits « assimilés ». Lorsqu’un professionnel BNC ne relève pas — ou ne souhaite pas relever — du micro-BNC, il est placé sous le régime de la déclaration contrôlée.
Dans ce régime, le bénéfice imposable n’est plus forfaitaire : il est déterminé réellement à partir de la comptabilité du professionnel. C’est la déclaration n° 2035 (et ses annexes) qui sert de support à ce calcul. Elle est l’équivalent, pour les BNC, de la liasse 2031/2033 des BIC. Le résultat qui en ressort est ensuite reporté sur la déclaration de revenus personnelle (2042 C PRO) du professionnel.
Qui est concerné par la déclaration contrôlée ?
Relèvent de la déclaration 2035 :
- les professionnels BNC dont les recettes dépassent le seuil du micro-BNC (seuil révisé chaque année) ;
- ceux qui, bien que sous le seuil, ont opté pour la déclaration contrôlée afin de déduire leurs charges réelles ;
- les sociétés de personnes exerçant une activité libérale (SCP, certaines SCM pour leur quote-part), qui déposent une 2035 au niveau de la société.
À noter : les professionnels libéraux affiliés à la Cipav ou au régime général des indépendants suivent les mêmes règles fiscales BNC, indépendamment de leur caisse de retraite. Le choix entre micro-BNC et déclaration contrôlée est avant tout un arbitrage fiscal et comptable, sans incidence directe sur le rattachement social.
Comment se calcule le bénéfice BNC ?
La particularité des BNC est la comptabilité de trésorerie : on retient les recettes effectivement encaissées et les dépenses effectivement payées au cours de l’année civile, et non les créances et dettes (comptabilité d’engagement). Le bénéfice se calcule ainsi :
Les recettes comprennent les honoraires, commissions et autres produits de l’activité libérale. Les dépenses déductibles englobent les achats, le loyer du cabinet, les frais de personnel, les cotisations sociales obligatoires, les assurances, les frais de déplacement, les honoraires rétrocédés, les frais financiers… dès lors qu’ils sont engagés dans l’intérêt de l’exercice et justifiés. Une option pour une comptabilité d’engagement reste possible pour les professionnels qui le souhaitent.
Immobilisations et amortissements
Comme en BIC, les biens durables affectés à l’activité (matériel médical, mobilier, informatique, véhicule professionnel, agencements du cabinet) ne sont pas déduits intégralement l’année de leur achat : ils sont inscrits au registre des immobilisations et amortis sur leur durée d’usage. L’amortissement annuel constitue alors une charge déductible.
Le BNC tient donc, en plus de son journal de recettes-dépenses, un registre des immobilisations et des amortissements. La cession d’un bien inscrit peut générer une plus-value ou moins-value professionnelle, soumise à un régime spécifique. Cette dimension patrimoniale est l’un des points qui distingue nettement la déclaration contrôlée du micro-BNC, où aucune immobilisation n’est suivie.
Télétransmission et obligations déclaratives
La déclaration 2035 doit être télétransmise par voie dématérialisée, en mode EDI-TDFC, le plus souvent par l’intermédiaire de l’expert-comptable ou d’un prestataire agréé. Le dépôt intervient chaque année dans les délais fixés par l’administration (au printemps, généralement en mai, avec le délai supplémentaire propre aux téléprocédures). Les obligations associées sont :
- la tenue d’un livre-journal des recettes et des dépenses, détaillé et chronologique ;
- le registre des immobilisations et amortissements ;
- la conservation des pièces justificatives ;
- le report du résultat sur la déclaration de revenus 2042 C PRO.
L’adhésion à une association de gestion agréée (AGA), ou le recours à un professionnel disposant du visa fiscal, sécurise la déclaration et permet d’éviter certaines majorations. Cet accompagnement est souvent décisif pour fiabiliser une 2035 et préparer un éventuel contrôle.
Déclaration contrôlée ou micro-BNC : exemple chiffré
Une consultante libérale encaisse 70 000 € d’honoraires dans l’année et supporte 30 000 € de dépenses professionnelles réelles (loyer du bureau, déplacements, sous-traitance, assurances, matériel).
- Au micro-BNC (abattement forfaitaire de 34 %) : bénéfice imposable = 70 000 € − (70 000 × 34 %) = 70 000 € − 23 800 € = 46 200 €.
- En déclaration contrôlée (2035) : bénéfice imposable = 70 000 € − 30 000 € = 40 000 €.
Ici, la déclaration contrôlée est plus avantageuse car les dépenses réelles (43 % des recettes) dépassent l’abattement forfaitaire de 34 %. La règle est constante : dès que vos charges réelles dépassent 34 % de vos recettes, la 2035 réduit votre base imposable. Pour une activité très peu chargée (peu de frais, pas de local), le micro-BNC et son abattement de 34 % restent souvent gagnants, et bien plus simples à gérer.
Points d’attention
Quelques vigilances propres à la 2035 :
- Frais mixtes : un bien utilisé à la fois pour l’activité et à titre privé (véhicule, local du domicile) ne se déduit qu’à hauteur de sa part professionnelle, justifiée.
- Cotisations sociales : les cotisations obligatoires sont déductibles, mais certaines cotisations facultatives obéissent à des plafonds spécifiques (type « Madelin »).
- Cohérence des recettes : l’administration rapproche les recettes déclarées des informations transmises par les tiers (honoraires DAS2, données des caisses). Les écarts sont un classique des contrôles.
- Option et délais : l’option pour la déclaration contrôlée, comme le retour au micro, répond à des règles de délai à respecter scrupuleusement.
La déclaration contrôlée demande plus de travail que le micro, mais elle offre une imposition fidèle à la réalité économique et permet de déduire des charges parfois lourdes (loyer, personnel, matériel). Pour une profession libérale en développement, c’est fréquemment le régime le plus pertinent — sous réserve d’une comptabilité tenue avec soin.
Questions fréquentes
Qui doit déposer une déclaration 2035 ?
Les titulaires de bénéfices non commerciaux relevant de la déclaration contrôlée : ceux qui dépassent le seuil du micro-BNC, ceux qui ont opté pour ce régime, et les sociétés de personnes exerçant une activité libérale. Les professionnels au micro-BNC ne déposent pas de 2035.
Quelle différence avec le micro-BNC ?
Le micro-BNC applique un abattement forfaitaire de 34 % sur les recettes, sans comptabilité détaillée. La déclaration contrôlée (2035) calcule le bénéfice réel : recettes encaissées moins dépenses payées et amortissements. La 2035 est avantageuse dès que les charges réelles dépassent 34 % des recettes.
Comment se calcule le bénéfice en 2035 ?
Selon une comptabilité de trésorerie : recettes effectivement encaissées dans l’année, diminuées des dépenses professionnelles effectivement payées et des amortissements des immobilisations. Une option pour la comptabilité d’engagement est possible.
La 2035 se dépose-t-elle en ligne ?
Oui, la télétransmission est obligatoire en mode EDI-TDFC, généralement via l’expert-comptable ou un prestataire agréé. Le dépôt intervient chaque année au printemps, dans les délais fixés par l’administration, et le résultat est reporté sur la 2042 C PRO.
Source officielle : impots.gouv.fr — Le régime de la déclaration contrôlée. Le seuil du micro-BNC et les délais de dépôt sont révisés chaque année et à vérifier sur impots.gouv.fr.
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