Fiche pratique · Comptabilité
La liasse fiscale : définition, tableaux et dépôt
La déclaration annuelle de résultat de l’entreprise et ses tableaux annexes. Quels formulaires selon votre régime, ce que contiennent les tableaux 2050 à 2059, comment et quand télétransmettre la liasse en EDI : le point complet par Dinergie.

La liasse fiscale est l’ensemble des documents qu’une entreprise transmet chaque année à l’administration fiscale pour déclarer son résultat. Elle comprend une déclaration de résultat — le formulaire 2065 à l’impôt sur les sociétés, 2031 pour les BIC à l’impôt sur le revenu, 2035 pour les BNC — accompagnée de ses tableaux annexes 2050 à 2059.
Ces tableaux détaillent le bilan, le compte de résultat, les amortissements, les provisions et les retraitements fiscaux. La liasse se télétransmet obligatoirement par voie dématérialisée (EDI ou EFI), en principe au plus tard début mai pour les exercices clos au 31 décembre, ou dans les trois mois suivant la clôture pour les autres.
Qu’est-ce que la liasse fiscale ?
La liasse fiscale est le document de synthèse qui matérialise, chaque année, la déclaration de résultat d’une entreprise auprès de l’administration. Elle constitue le lien entre la comptabilité de l’entreprise et le calcul de l’impôt : c’est à partir d’elle que l’administration connaît le résultat fiscal et vérifie l’impôt dû.
Concrètement, la liasse rassemble deux blocs : une déclaration de résultat (qui détermine le bénéfice imposable) et une série de tableaux annexes reprenant les états financiers de l’entreprise et les retraitements nécessaires pour passer du résultat comptable au résultat fiscal. Toutes les entreprises soumises à un régime réel d’imposition (réel normal ou réel simplifié) doivent en produire une ; seules les micro-entreprises, qui relèvent d’un régime déclaratif allégé, en sont dispensées.
Quelle liasse selon votre régime d’imposition ?
Le formulaire de déclaration de résultat dépend du régime fiscal de l’entreprise et de la nature de ses revenus :
| Régime d’imposition | Déclaration de résultat | Catégorie |
|---|---|---|
| Impôt sur les sociétés (IS) | 2065 | Sociétés soumises à l’IS |
| Impôt sur le revenu — BIC | 2031 | Bénéfices industriels et commerciaux |
| Impôt sur le revenu — BNC | 2035 | Bénéfices non commerciaux (professions libérales) |
Une société commerciale soumise à l’impôt sur les sociétés dépose une liasse 2065 accompagnée des tableaux du régime réel correspondant. Une entreprise individuelle ou une société de personnes relevant des BIC dépose une liasse 2031. Les professions libérales (avocats, médecins, consultants…) relevant des BNC déposent une 2035, dont les annexes sont spécifiques. Le régime réel normal ou simplifié détermine ensuite le niveau de détail des tableaux annexes : le réel simplifié allège sensiblement le nombre de tableaux à servir.
Que contiennent les tableaux 2050 à 2059 ?
Le cœur de la liasse au régime réel normal réside dans les tableaux annexes 2050 à 2059, qui reprennent l’intégralité des états financiers et des informations fiscales de l’exercice. Schématiquement :
- 2050 et 2051 — le bilan (actif et passif) qui photographie le patrimoine de l’entreprise à la clôture ;
- 2052 et 2053 — le compte de résultat, qui retrace les produits et les charges de l’exercice ;
- 2054 et 2055 — les immobilisations et les amortissements ;
- 2056 — les provisions inscrites au bilan ;
- 2057 — l’état des échéances des créances et des dettes ;
- 2058 — la détermination du résultat fiscal (réintégrations et déductions extra-comptables) et le suivi des déficits ;
- 2059 — les plus et moins-values, l’affectation du résultat et divers renseignements.
Le tableau 2058 est l’un des plus importants : c’est lui qui opère le passage du résultat comptable au résultat fiscal, en réintégrant les charges non déductibles (certaines amendes, une partie des frais de véhicules, etc.) et en déduisant les produits non imposables. C’est ce résultat fiscal qui sert d’assiette à l’impôt.
Du résultat comptable au résultat fiscal
Le résultat affiché par la comptabilité n’est pas directement celui sur lequel l’entreprise est imposée. La liasse fiscale formalise le passage de l’un à l’autre par un jeu de retraitements extra-comptables.
Pour une société à l’IS, ce résultat fiscal est ensuite soumis au taux réduit de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice (pour les PME remplissant les conditions), puis au taux de 25 % au-delà. La rigueur de ces retraitements est déterminante : une charge réintégrée à tort augmente inutilement l’impôt, une charge non réintégrée alors qu’elle aurait dû l’être expose à un redressement.
Comment et quand déposer la liasse ?
La transmission de la liasse fiscale est obligatoirement dématérialisée. Deux canaux coexistent :
- l’EDI (Échange de Données Informatisé) : la liasse est transmise par un partenaire EDI (expert-comptable ou éditeur de logiciel) directement depuis le logiciel comptable. C’est la voie la plus courante pour les entreprises accompagnées ;
- l’EFI (Échange de Formulaires Informatisé) : saisie en ligne dans l’espace professionnel sur impots.gouv.fr, plutôt adaptée aux structures les plus simples.
Côté délais : pour un exercice clos au 31 décembre, la liasse doit en principe être télétransmise début mai de l’année suivante (la date exacte est fixée chaque année par l’administration, avec un délai supplémentaire usuel pour les téléprocédures). Pour un exercice clos en cours d’année, le dépôt intervient dans les trois mois suivant la clôture. Un retard ou une absence de dépôt expose à des intérêts de retard et à des majorations : l’échéance de la liasse est l’une des plus structurantes du calendrier fiscal de l’entreprise.
Exemple chiffré
Une SARL soumise à l’IS clôture son exercice au 31 décembre. Sa comptabilité fait apparaître un résultat comptable de 50 000 €. Lors de l’établissement de la liasse, l’expert-comptable identifie :
- des charges non déductibles à réintégrer pour 4 000 € (part non déductible de l’amortissement d’un véhicule de tourisme, une amende) ;
- aucun produit à déduire ni déficit antérieur.
Le résultat fiscal ressort à 50 000 + 4 000 = 54 000 €. L’IS se calcule alors par tranches : 15 % sur les 42 500 premiers euros (soit 6 375 €) puis 25 % sur les 11 500 € restants (soit 2 875 €), soit un IS de 9 250 €. Cet exemple montre comment les retraitements de la liasse, ici 4 000 €, augmentent directement l’impôt dû.
Points d’attention et erreurs fréquentes
- Anticiper la collecte des pièces : la liasse se prépare en amont ; attendre la veille de l’échéance de mai expose à des erreurs et au retard.
- Cohérence avec les autres déclarations : la liasse doit être cohérente avec la TVA déclarée et, le cas échéant, avec le crédit d’impôt recherche ou d’autres crédits déclarés sur des imprimés joints.
- Suivi des déficits : le tableau 2058 assure le suivi des déficits reportables ; une erreur de report peut faire perdre un avantage fiscal.
- Conformité du fichier comptable : la liasse doit s’appuyer sur une comptabilité régulière, dont le FEC (fichier des écritures comptables) pourra être demandé en cas de contrôle.
Établir une liasse fiscale exacte suppose une maîtrise à la fois comptable et fiscale. C’est l’un des travaux où l’intervention d’un expert-comptable sécurise le plus directement l’entreprise, en évitant aussi bien le sur-paiement d’impôt que le risque de redressement.
Questions fréquentes
Quels formulaires composent la liasse fiscale ?
Une déclaration de résultat — 2065 à l’IS, 2031 pour les BIC à l’impôt sur le revenu, 2035 pour les BNC — accompagnée des tableaux annexes (notamment 2050 à 2059 au réel normal) qui détaillent le bilan, le compte de résultat et les retraitements fiscaux.
Quand faut-il déposer la liasse fiscale ?
Pour un exercice clos au 31 décembre, en principe début mai de l’année suivante (la date exacte est fixée chaque année). Pour un exercice clos en cours d’année, dans les trois mois suivant la clôture.
La liasse fiscale est-elle obligatoirement dématérialisée ?
Oui. La télétransmission est obligatoire, par EDI (via un partenaire ou un logiciel) ou par EFI (saisie en ligne dans l’espace professionnel). L’envoi papier n’est plus admis pour les entreprises au régime réel.
Une micro-entreprise doit-elle établir une liasse fiscale ?
Non. Les micro-entrepreneurs relèvent d’un régime déclaratif simplifié et n’établissent pas de liasse fiscale : ils déclarent leur chiffre d’affaires directement. La liasse concerne les entreprises soumises à un régime réel d’imposition.
Source officielle : impots.gouv.fr — Déclarer mes résultats. Les dates limites de dépôt sont fixées chaque année par l’administration fiscale.
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