Fiche pratique · Paie & social
Calcul des droits au chômage : durée et montant
Durée d’affiliation, salaire journalier de référence et formule de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) : comprendre comment France Travail détermine la durée et le montant de votre indemnisation.

Le calcul des droits au chômage repose sur trois éléments : la durée d’affiliation (au moins 6 mois sur les 24 derniers), le salaire journalier de référence (SJR) et la formule de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE). France Travail retient le montant le plus élevé entre 40,4 % du SJR + 13,18 € et 57 % du SJR.
L’allocation est encadrée par un plancher et un plafond (75 % du SJR). Depuis le 1er avril 2025, la durée maximale d’indemnisation est de 18 mois avant 55 ans.
Les conditions d’ouverture des droits
Avant tout calcul des droits au chômage, il faut vérifier que les conditions d’ouverture sont remplies. La première condition tient à la nature de la rupture du contrat de travail : la perte d’emploi doit être involontaire (licenciement, fin de CDD, rupture conventionnelle, démission considérée comme légitime). La démission « classique » n’ouvre en principe pas de droits, sauf cas particuliers que nous évoquons plus loin.
La deuxième condition, centrale, est la durée d’affiliation minimale. Il faut avoir travaillé au moins 6 mois, soit 130 jours travaillés ou 910 heures, au cours des 24 derniers mois précédant la fin du contrat (ou des 36 derniers mois pour les personnes âgées de 55 ans et plus). Cette période de référence d’affiliation sert à la fois à vérifier l’éligibilité et à calculer la durée d’indemnisation.
Il faut également être inscrit comme demandeur d’emploi, être à la recherche effective d’un emploi, résider en France, ne pas avoir atteint l’âge légal de départ à la retraite à taux plein et être physiquement apte à l’exercice d’un emploi. Une fois ces conditions réunies, France Travail procède au calcul de l’allocation.
Le salaire journalier de référence (SJR)
Le salaire journalier de référence est la pierre angulaire du calcul des droits au chômage. Il correspond au salaire de référence (l’ensemble des rémunérations brutes soumises à cotisations chômage perçues durant la période de référence) divisé par le nombre de jours calendaires de cette même période.
Sont notamment inclus dans le salaire de référence : les salaires fixes, les primes de performance, les heures supplémentaires et les avantages en nature soumis à cotisations, ainsi que les primes annuelles (type 13e mois) au prorata. Sont en revanche exclus : les indemnités de licenciement et de rupture conventionnelle, l’indemnité compensatrice de congés payés, la prime de précarité et les remboursements de frais professionnels.
Le diviseur correspond au nombre de jours calendaires compris entre le premier et le dernier jour de contrat sur la période, jours travaillés comme non travaillés. Toutefois, le nombre de jours non travaillés pris en compte est plafonné (il ne peut excéder une certaine proportion des jours travaillés), une règle introduite pour limiter les effets d’aubaine des contrats courts entrecoupés de périodes d’inactivité. Le salaire mensuel retenu est par ailleurs plafonné (16 020 € par mois en 2025), de quoi écrêter les rémunérations les plus élevées.
La formule de l’ARE et un exemple chiffré
Le montant brut de l’allocation journalière (ARE) est égal au montant le plus élevé entre deux formules :
- 40,4 % du SJR + une partie fixe de 13,18 € (montant en vigueur depuis le 1er juillet 2025) ;
- 57 % du SJR.
En pratique, la formule à 40,4 % + partie fixe est plus avantageuse pour les salaires modestes, tandis que la formule à 57 % l’emporte pour les salaires plus élevés. France Travail retient automatiquement le résultat le plus favorable.
Exemple chiffré. Prenons un salarié dont le salaire de référence sur 12 mois s’élève à 30 000 € brut, soit un SJR d’environ 82,19 € (30 000 / 365). Comparons les deux formules :
- Formule 1 : 40,4 % × 82,19 € + 13,18 € = 33,21 € + 13,18 € = 46,39 € par jour ;
- Formule 2 : 57 % × 82,19 € = 46,85 € par jour.
C’est ici la formule 2 (57 % du SJR) qui l’emporte : l’allocation journalière brute serait de 46,85 €, soit environ 1 405 € brut par mois (46,85 € × 30). Depuis le 1er avril 2025, l’allocation mensuelle est en effet calculée sur une base de 30 jours, quel que soit le nombre réel de jours dans le mois.
Planchers et plafonds
Le résultat de la formule est encadré par un plancher et un plafond. L’allocation journalière ne peut être inférieure à un montant minimal de 32,13 € (montant en vigueur depuis le 1er juillet 2025), réduit proportionnellement pour les anciens salariés à temps partiel.
À l’inverse, l’allocation ne peut excéder un plafond fixé à 75 % du SJR. Ce plafond protège le principe selon lequel l’indemnisation chômage reste inférieure au salaire antérieur. Combiné au plafonnement du salaire mensuel de référence (16 020 €), il limite mécaniquement le montant des allocations versées aux plus hauts revenus, avant même l’application de la dégressivité.
La durée d’indemnisation
La durée d’indemnisation correspond, en principe, au nombre de jours travaillés durant la période de référence : un jour travaillé ouvre un jour d’indemnisation. Cette durée est toutefois encadrée par des plafonds maximaux qui ont été abaissés par la réforme entrée en vigueur le 1er avril 2025 :
- moins de 55 ans : durée maximale de 18 mois (548 jours) ;
- 55 et 56 ans : durée maximale de 22,5 mois (685 jours) ;
- 57 ans et plus : durée maximale de 27 mois (822 jours).
La durée minimale d’indemnisation est de 182 jours (6 mois), correspondant à la condition d’affiliation minimale. Un coefficient de réduction lié à la conjoncture économique peut par ailleurs s’appliquer lorsque le marché de l’emploi est favorable, modulant ces durées.
La dégressivité pour les hauts salaires
Les demandeurs d’emploi aux revenus les plus élevés sont soumis à une dégressivité de l’allocation. Concrètement, l’ARE peut être réduite de 30 % à compter du 7e mois d’indemnisation (après 182 jours), sans pouvoir descendre en dessous d’un plancher de 92,57 € brut par jour.
Cette dégressivité ne concerne que les allocataires dont l’ancien salaire dépassait un seuil élevé (environ 4 900 € brut par mois). Depuis le 1er avril 2025, l’âge à partir duquel la dégressivité ne s’applique plus a été abaissé à 55 ans (contre 57 ans auparavant) : passé cet âge, l’allocation n’est pas réduite. Pour les cadres et dirigeants, ce mécanisme a un impact significatif sur le calcul des droits au chômage et mérite d’être anticipé.
Cas particuliers à connaître
Plusieurs situations modifient le calcul des droits au chômage ou les conditions d’accès. La rupture conventionnelle ouvre droit aux allocations, l’indemnité versée n’étant pas intégrée au salaire de référence mais pouvant entraîner un différé d’indemnisation. Pour estimer le coût et les modalités de cette procédure, consultez notre guide sur le calcul de la rupture conventionnelle.
Le licenciement pour faute grave n’empêche pas, contrairement à une idée reçue, de percevoir le chômage : le salarié perd ses indemnités de licenciement et de préavis, mais conserve ses droits à l’ARE. Nous détaillons ce point dans notre article dédié à la faute grave et le chômage.
Enfin, une démission peut, dans certains cas limitatifs (suivre son conjoint, projet de reconversion validé, démission légitime), ouvrir des droits. Les règles de préavis influencent par ailleurs la date d’inscription : voir notre point sur le préavis de démission en CDI. Le différé d’indemnisation lié au solde de tout compte reporte par ailleurs le premier versement.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il avoir travaillé pour toucher le chômage ?
Il faut justifier d’au moins 6 mois d’affiliation, soit 130 jours travaillés ou 910 heures, au cours des 24 derniers mois (36 mois à partir de 55 ans). En deçà, aucun droit ne s’ouvre, même si toutes les autres conditions sont remplies.
Le chômage correspond-il à 57 % du salaire net ?
Non. Le pourcentage de 57 % s’applique au salaire journalier de référence brut, et France Travail retient toujours le montant le plus élevé entre 57 % du SJR et 40,4 % du SJR + 13,18 €. Rapporté au salaire net, le taux de remplacement se situe le plus souvent entre 57 % et 75 %.
Quelle est la durée maximale d’indemnisation ?
Depuis le 1er avril 2025, elle est de 18 mois pour les moins de 55 ans, 22,5 mois entre 55 et 56 ans, et 27 mois à partir de 57 ans. La durée réelle dépend du nombre de jours travaillés sur la période de référence.
L’allocation chômage est-elle imposable ?
Oui, l’ARE est soumise à l’impôt sur le revenu et fait l’objet du prélèvement à la source. Elle supporte également la CSG et la CRDS, dans la limite du plancher d’exonération applicable aux faibles allocations.
Source officielle : France Travail — Comment est calculé le montant de l’allocation.
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