En bref. Le barème 2026 de l’impôt sur le revenu s’applique aux revenus perçus en 2025. Il compte cinq tranches, de 0 % à 45 %, appliquées par part de quotient familial. Chaque taux ne frappe que la fraction du revenu comprise dans sa tranche.
Beaucoup de contribuables lisent le barème comme un taux unique : « je suis à 30 %, donc je paie 30 % de mon revenu ». C’est faux, et l’erreur conduit à surestimer l’impôt ou à refuser une augmentation par crainte de « changer de tranche ». Voici le barème en vigueur, la manière de le lire, et ce qui s’ajoute ou se retranche avant d’arriver au montant final.
Quel barème pour quelle année ?
Il y a un décalage d’un an entre le revenu et l’impôt. Le barème dit « 2026 » est celui que l’administration applique en 2026 aux revenus de 2025, déclarés au printemps 2026. Il a été fixé par la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026), qui a revalorisé les seuils de 0,9 %, soit le niveau d’inflation retenu.
Les revenus de 2026, que vous déclarerez au printemps 2027, relèveront d’un barème voté dans la loi de finances pour 2027. Ce texte est encore en discussion au Parlement à l’heure où nous écrivons : les informations publiées à l’automne annoncent une nouvelle revalorisation des seuils, mais seuls les chiffres du texte définitivement adopté feront foi. N’utilisez donc pas les tranches ci-dessous pour estimer un impôt sur des revenus 2026 sans vérifier les paramètres en vigueur.
Les cinq tranches du barème (revenus 2025)
Les seuils s’entendent par part de quotient familial, sur le revenu net imposable. La dernière colonne est un calcul de notre part : c’est l’impôt maximal que génère chaque tranche lorsqu’elle est entièrement remplie.
| Tranche de revenu (par part) | Taux | Impôt maximal de la tranche |
|---|---|---|
| Jusqu’à 11 600 € | 0 % | 0 € |
| De 11 601 € à 29 579 € | 11 % | 1 977,69 € |
| De 29 580 € à 84 577 € | 30 % | 16 499,40 € |
| De 84 578 € à 181 917 € | 41 % | 39 909,40 € |
| Au-delà de 181 917 € | 45 % | Sans plafond |
Pour la première tranche, le taux nul signifie que les 11 600 premiers euros de chaque part ne supportent aucun impôt, quel que soit le niveau total du revenu. C’est la raison pour laquelle franchir un seuil du barème ne fait jamais perdre d’argent sur les revenus déjà gagnés.
Lire le barème : taux marginal et taux moyen
Deux notions se confondent souvent. Le taux marginal est celui de la dernière tranche atteinte : il indique ce que coûtera, en impôt, un euro de revenu supplémentaire. Le taux moyen est le rapport entre l’impôt total et le revenu : il indique la charge réelle, toujours inférieure au taux marginal dès qu’on dépasse la première tranche.
Un contribuable « dans la tranche à 30 % » paie donc 0 % sur ses premiers euros, 11 % sur la suite, puis 30 % seulement sur ce qui dépasse le seuil de 29 579 €. Passer à la tranche supérieure n’alourdit jamais l’impôt sur les euros déjà gagnés.
Un calcul pas à pas (exemple fictif)
Prenons un célibataire sans enfant, soit une seule part, dont le revenu net imposable est de 40 000 €. L’exemple est fictif, il sert uniquement à montrer la mécanique.
- Première tranche : les 11 600 premiers euros sont à 0 %, soit 0 €.
- Deuxième tranche : 29 579 − 11 600 = 17 979 €, taxés à 11 %, soit 1 977,69 €.
- Troisième tranche : 40 000 − 29 579 = 10 421 €, taxés à 30 %, soit 3 126,30 €.
- Total : 1 977,69 + 3 126,30 = 5 103,99 €, arrondi à 5 104 €.
Le taux marginal de cette personne est de 30 %, mais son taux moyen s’établit à environ 12,8 % (5 104 ÷ 40 000). L’écart entre les deux chiffres résume l’intérêt de bien lire le barème.
Le quotient familial : diviser avant d’appliquer
Le barème ne s’applique pas au revenu du foyer entier, mais au revenu divisé par le nombre de parts. Une personne seule compte une part, un couple marié ou pacsé deux. Chacun des deux premiers enfants à charge ajoute une demi-part, puis chaque enfant à partir du troisième ajoute une part entière.
| Couple marié ou pacsé | Nombre de parts |
|---|---|
| Sans enfant | 2 |
| 1 enfant | 2,5 |
| 2 enfants | 3 |
| 3 enfants | 4 |
On calcule l’impôt sur une part, puis on le multiplie par le nombre de parts. Un couple sans enfant qui déclare 63 000 € de revenu net imposable est ainsi imposé sur un quotient de 31 500 € : 1 977,69 € pour la deuxième tranche, plus 576,30 € pour les 1 921 € qui dépassent 29 579 € à 30 %, soit 2 553,99 € par part, et environ 5 108 € pour les deux parts. Notre article sur le quotient familial détaille les cas particuliers.
Cet avantage est plafonné. Pour les demi-parts supplémentaires, la réduction d’impôt qu’elles procurent ne peut excéder 1 807 € par demi-part. Au-delà, l’administration recalcule l’impôt en appliquant le plafond.
De votre salaire au revenu net imposable
Le barème s’applique à une base que vous ne lisez pas directement sur votre bulletin de paie. Pour un salarié ou un dirigeant assimilé, le point de départ est le salaire net imposable, qu’on diminue de l’abattement forfaitaire de 10 % pour frais professionnels. Ce forfait est borné : pour les revenus de 2025, il ne peut pas être inférieur à 509 € ni supérieur à 14 555 € par membre du foyer.
Si vos dépenses professionnelles réelles dépassent ce forfait, vous pouvez opter pour la déduction des frais réels, à condition de les justifier. D’autres sommes se déduisent du revenu global (certaines pensions versées, par exemple), et d’autres revenus s’y ajoutent : revenus fonciers, revenus de capitaux, bénéfices d’une activité indépendante. Le revenu net imposable est le résultat de cet ensemble.
La décote : un coup de pouce pour les petits impôts
Après application du barème vient la décote, qui allège l’impôt des foyers modestes. Pour les revenus de 2025, elle joue si l’impôt brut ne dépasse pas 1 982 € pour une personne seule, ou 3 277 € pour un couple soumis à imposition commune. Le montant de la décote est égal à 897 € (personne seule) ou 1 483 € (couple), diminué de 45,25 % de l’impôt brut.
Exemple fictif pour une personne seule dont l’impôt brut est de 1 400 € : décote = 897 − (45,25 % × 1 400) = 263,50 €, d’où un impôt de 1 136,50 €. La décote est calculée automatiquement par l’administration : il n’y a rien à demander.
Barème, prélèvement à la source et taux personnalisé
Le barème détermine l’impôt dû pour l’année, pas ce que vous versez chaque mois. Le prélèvement à la source en est une avance, calculée avec un taux issu de votre dernière déclaration. À la fin de la campagne, l’administration compare les acomptes versés à l’impôt réellement dû : un solde positif donne lieu à remboursement, un solde négatif à régularisation.
C’est pourquoi un changement de situation (naissance, mariage, forte hausse de revenu) justifie de mettre à jour son taux en cours d’année, sans attendre la déclaration suivante. Pour tester un scénario avant de décider, notre guide de la simulation de l’impôt sur le revenu indique la méthode.
Ce que le barème ne couvre pas
Le barème progressif ne s’applique pas à tous les revenus. Certains sont soumis à un taux forfaitaire par défaut, comme les dividendes et les plus-values mobilières, avec une option possible pour le barème. Les prélèvements sociaux (CSG, CRDS) sont, de leur côté, dus en plus et selon leurs propres règles. Le revenu fiscal de référence, enfin, sert de critère d’accès à de nombreuses aides et exonérations sans être l’assiette du barème.
Le barème de l’impôt sur le revenu publié sur service-public.gouv.fr reste la référence à consulter chaque année avant de faire un calcul.
Optimiser sans se tromper de cible
Connaître son taux marginal permet de mesurer l’économie réelle d’un dispositif : une déduction de 1 000 € fait gagner 300 € à un contribuable dont le dernier euro est taxé à 30 %, et 110 € à celui qui est à 11 %. À l’inverse, une réduction ou un abattement ne produisent pas le même effet qu’une déduction : il faut comparer leur mécanisme avant de se décider.
Le bon réflexe consiste à calculer l’impôt avec et sans l’opération envisagée, sur un revenu net imposable réaliste. Votre cabinet comptable peut le faire avec vous si vos revenus mêlent salaire, dividendes ou bénéfices : le résultat dépend de votre situation complète, qu’une règle générale ne peut pas restituer.
Questions fréquentes
À quelle année correspond le barème 2026 ?
Il s’applique en 2026 aux revenus perçus en 2025, que vous avez déclarés au printemps 2026. Les revenus de 2026 seront imposés avec le barème de la loi de finances pour 2027, encore en discussion.
Si je change de tranche, tout mon revenu est-il imposé au taux supérieur ?
Non. Seule la fraction du revenu qui dépasse le seuil est taxée au taux de la tranche suivante. Les euros déjà gagnés restent imposés aux taux des tranches inférieures.
Le barème est-il le même pour un couple ?
Les tranches sont identiques, mais elles s’appliquent après division du revenu par le nombre de parts, puis l’impôt est multiplié par ce nombre. Un couple marié ou pacsé compte deux parts avant la prise en compte des enfants.
Le prélèvement à la source remplace-t-il le barème ?
Non. Il fait payer l’impôt au fil de l’eau. Le montant exact reste calculé avec le barème lors de la déclaration, puis comparé aux acomptes déjà versés.
Où trouver les seuils officiels ?
Sur service-public.gouv.fr et sur impots.gouv.fr, qui publient chaque année le barème applicable. Vérifiez la date de mise à jour de la page avant de reprendre un chiffre.
En résumé
- Le barème 2026 s’applique aux revenus de 2025, avec cinq tranches de 0 % à 45 % par part de quotient familial.
- Chaque taux ne concerne que la fraction du revenu comprise dans sa tranche : le taux moyen reste inférieur au taux marginal.
- Le revenu est divisé par le nombre de parts, puis l’impôt multiplié ; le gain lié aux demi-parts est plafonné à 1 807 € par demi-part.
- La décote allège les petits impôts, automatiquement.
- Pour les revenus de 2026, attendez le barème définitif de la loi de finances pour 2027 et vérifiez les paramètres en vigueur.
