Le modèle de statuts SCI est le document fondateur qui formalise la création d’une société civile immobilière entre au moins deux associés et fixe les règles de fonctionnement de la structure. Acte écrit obligatoire, les statuts définissent l’identité de la société, son objet, son capital, sa gérance et les conditions de cession des parts. Bien rédigés, ils sécurisent votre projet immobilier et anticipent les conflits entre associés. Ce guide pratique du cabinet Dinergie détaille les mentions à ne pas oublier et les clauses qui font la différence.
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Qu’est-ce que les statuts d’une SCI ?
Les statuts d’une société civile immobilière constituent le contrat de société signé par l’ensemble des associés. Régis par les articles 1832 à 1870-1 du Code civil, ils doivent obligatoirement être établis par écrit, comme l’exige l’article 1835 du Code civil. Une SCI suppose la réunion d’au moins deux associés détenant des parts sociales : il n’est pas possible de constituer une SCI seul.
Ce document encadre la vie de la société : prise de décision en assemblée, pouvoirs du gérant, entrée et sortie d’associés, répartition des résultats. Il s’agit donc bien plus d’une formalité administrative : un statut sur mesure protège durablement les intérêts de chaque associé. Pour comprendre le fonctionnement global de cette structure, consultez notre page dédiée à la SCI – société civile immobilière.
Les mentions obligatoires des statuts de SCI
Pour être valables, les statuts doivent comporter un socle de mentions prévues par le Code civil. En leur absence, l’immatriculation peut être refusée par le greffe. Voici les éléments incontournables :
- La forme juridique : la mention expresse que les associés constituent une société civile immobilière.
- La dénomination sociale : le nom de la SCI.
- L’objet social : la nature civile des activités (acquisition, gestion, location d’immeubles).
- Le siège social : l’adresse administrative de la société.
- Le capital social : son montant et la répartition entre associés.
- Les apports de chaque associé : apports en numéraire (argent) et apports en nature (biens).
- La durée de la société : 99 ans au maximum.
- Les modalités de fonctionnement : nomination du gérant, prise de décisions, répartition des bénéfices.
Concernant le capital social, aucun minimum élevé n’est imposé : il peut être fixé librement à partir de 1 euro symbolique. Le montant doit néanmoins rester cohérent avec l’ampleur du projet immobilier.
Les clauses clés : gérance, cession et agrément
Au-delà des mentions obligatoires, certaines clauses méritent une attention particulière car elles déterminent l’équilibre des pouvoirs et la stabilité de la SCI dans le temps.
La clause de gérance. La SCI est dirigée par un ou plusieurs gérants, associés ou non, désignés ou non dans les statuts. Les statuts précisent les règles de nomination, la durée du mandat et l’étendue des pouvoirs du gérant. Il est possible de limiter ces pouvoirs vis-à-vis des associés, par exemple en soumettant la vente d’un bien à l’accord préalable de l’assemblée.
La clause d’agrément. C’est l’une des clauses les plus importantes d’une SCI. Toute cession de parts sociales à un tiers est soumise à une procédure d’agrément : les associés doivent approuver l’entrée du nouvel associé. Cette clause évite qu’un inconnu n’intègre la société sans le consentement des autres. Les statuts peuvent assouplir ou durcir les conditions d’agrément selon le degré de contrôle souhaité.
La répartition des parts et des résultats. Les statuts fixent le nombre de parts détenues par chacun et la clé de répartition des bénéfices, qui peut différer de la stricte proportion des apports si les associés le souhaitent.
Objet civil et fiscalité : IR ou IS ?
L’objet d’une SCI doit impérativement rester de nature civile : acquisition, détention, gestion et location de biens immobiliers. Une activité commerciale, comme la location meublée à titre habituel ou l’achat-revente, requalifierait la société et entraînerait sa soumission automatique à l’impôt sur les sociétés. Mieux vaut donc formuler l’objet de façon suffisamment large sans basculer dans le commercial.
Par défaut, une SCI relève de l’impôt sur le revenu (IR) : la société est dite « transparente », les revenus fonciers étant imposés directement entre les mains des associés, au prorata de leurs parts. Les associés reportent alors leur quote-part sur leur déclaration 2044 des revenus fonciers.
Les associés peuvent opter pour l’impôt sur les sociétés (IS), option souvent intéressante lorsque les revenus locatifs sont élevés ou pour amortir le bien. Attention : pour être valable, l’option pour l’IS doit être exercée sans ambiguïté, en cochant la case prévue sur le formulaire d’immatriculation. Une simple mention de la volonté d’option dans les statuts ne suffit pas à la rendre opposable à l’administration fiscale.
Rédaction, signature et dépôt des statuts
Une fois les statuts rédigés et signés par tous les associés, plusieurs formalités s’enchaînent pour donner naissance à la société :
- Dépôt du capital social et obtention de l’attestation correspondante.
- Signature des statuts définitifs par l’ensemble des associés.
- Publication d’une annonce légale de constitution.
- Dépôt du dossier d’immatriculation sur le guichet unique de l’INPI.
Lorsque l’enregistrement des statuts auprès du service des impôts est requis, il doit intervenir dans le mois suivant leur signature. Le greffe procède ensuite à l’immatriculation au registre du commerce et des sociétés, généralement en une à deux semaines selon les délais de traitement. La domiciliation du siège social est une étape clé du dossier : découvrez les solutions de domiciliation d’entreprise.
Les erreurs à éviter dans vos statuts
- Un objet social trop restrictif qui bloquerait de futures opérations, ou au contraire trop large au point de devenir commercial.
- L’oubli de la clause d’agrément, qui laisse la porte ouverte à l’entrée d’associés non désirés.
- Des pouvoirs du gérant mal délimités, source de conflits sur les actes engageant la société.
- Confondre statuts et option fiscale : croire que mentionner l’IS dans les statuts suffit à exercer l’option.
- Recopier un modèle générique sans l’adapter à la situation patrimoniale et familiale réelle des associés.
Si la structure de votre projet s’oriente plutôt vers une activité commerciale, comparez avec notre modèle de statuts de SARL avant de trancher.
Questions fréquentes
Peut-on créer une SCI seul ?
Non. La société civile immobilière exige au minimum deux associés. Pour un projet immobilier individuel, d’autres formes juridiques doivent être envisagées.
Quel capital minimum pour une SCI ?
Le capital social est libre et peut être fixé à partir de 1 euro. Il convient toutefois de le calibrer en fonction de l’envergure du projet et de la crédibilité recherchée auprès des partenaires.
Faut-il un notaire pour rédiger les statuts ?
Le recours au notaire n’est obligatoire que lorsqu’un bien immobilier est apporté au capital lors de la constitution. Dans les autres cas, l’acte peut être rédigé sous seing privé, idéalement accompagné par un professionnel.
L’option pour l’IS est-elle réversible ?
L’option pour l’impôt sur les sociétés peut être révoquée dans un délai limité après son exercice. Passé ce délai, elle devient irrévocable : ce choix doit donc être mûrement réfléchi avec votre expert-comptable.
Où trouver un modèle de statuts SCI fiable ?
Les références officielles figurent sur le site service-public.gouv.fr. Un modèle reste toutefois une base à personnaliser selon votre situation.
Avertissement
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. La rédaction des statuts d’une SCI engage durablement les associés : nous recommandons de faire valider votre projet par un professionnel. Le cabinet Dinergie accompagne la création et la gestion de votre SCI.





