Fiche pratique · Paie & social

La prime de partage de la valeur (PPV) : conditions et exonération

L’ancienne « prime Macron », devenue prime de partage de la valeur : un versement libre de l’employeur, exonéré de cotisations sociales dans certaines limites. Conditions, plafonds d’exonération et placement sur un plan d’épargne : le point complet par Dinergie.

La prime de partage de la valeur (PPV)
En bref

La prime de partage de la valeur (PPV), héritière de l’ancienne « prime Macron » (PEPA), est une prime que l’employeur peut verser librement à ses salariés. Elle est facultative et son montant n’est pas imposé : l’entreprise décide si elle la verse, à qui et combien, dans le respect de critères de répartition encadrés.

Son intérêt tient à son régime social et fiscal de faveur : elle est exonérée de cotisations sociales dans une limite annuelle par salarié de l’ordre de 3 000 € (et 6 000 € lorsque l’entreprise est couverte par un accord d’intéressement ou de participation). Ces montants, applicables en 2025, et les conditions d’exonération fiscale sont à vérifier pour l’année en cours. La prime ne doit jamais se substituer à un élément de salaire.

Qu’est-ce que la prime de partage de la valeur ?

La prime de partage de la valeur (PPV) est un dispositif qui permet à un employeur de verser une prime à ses salariés en bénéficiant, sous conditions, d’un régime social et fiscal allégé. Elle prolonge et pérennise la « prime exceptionnelle de pouvoir d’achat » (PEPA), plus connue sous le nom de prime Macron, mise en place initialement de façon ponctuelle.

La PPV se distingue des dispositifs d’épargne salariale classiques comme l’intéressement ou la participation : elle n’est pas liée aux résultats de l’entreprise selon une formule de calcul, et son versement reste entièrement facultatif. C’est un outil souple, mobilisable rapidement pour récompenser les équipes ou soutenir le pouvoir d’achat, sans engager l’entreprise sur la durée.

Qui peut verser et recevoir la PPV ?

Tous les employeurs de droit privé peuvent verser une PPV, quelle que soit la taille de l’entreprise, y compris les très petites structures. Côté bénéficiaires, la prime concerne :

  • les salariés liés à l’entreprise par un contrat de travail (CDI, CDD, temps partiel) ;
  • les intérimaires mis à disposition, lorsque l’entreprise utilisatrice verse une prime à ses propres salariés ;
  • les agents des établissements publics relevant de certaines catégories, ainsi que les travailleurs handicapés de certains établissements.

L’employeur peut réserver la prime aux salariés dont la rémunération est inférieure à un plafond qu’il fixe : cela permet de cibler le dispositif sur les bas et moyens salaires. En revanche, il ne peut pas en exclure arbitrairement certains salariés au-dessus de ce plafond : la prime doit bénéficier à l’ensemble des salariés, ou à tous ceux situés sous le seuil de rémunération retenu.

Comment fixer le montant et le répartir ?

L’employeur fixe librement le montant de la PPV. Il peut verser un montant identique à tous, ou moduler la prime entre les salariés en fonction de critères limitativement prévus par les textes :

  • la rémunération ;
  • le niveau de classification ;
  • l’ancienneté dans l’entreprise ;
  • la durée de présence effective sur l’année écoulée ;
  • la durée de travail prévue au contrat (temps partiel / temps plein).

La prime est mise en place soit par un accord d’entreprise, soit par une décision unilatérale de l’employeur (DUE) après information du comité social et économique lorsqu’il existe. Elle peut être versée en une ou plusieurs fois sur l’année, dans la limite généralement d’un versement par trimestre.

L’exonération de cotisations et d’impôt

L’avantage de la PPV réside dans son régime social de faveur. La prime est exonérée de cotisations sociales (parts patronale et salariale) dans une limite annuelle par bénéficiaire :

Exonération de cotisations sociales jusqu’à 3 000 € par an et par salarié, portée à 6 000 € si l’entreprise est couverte par un accord d’intéressement ou de participation. (Montants 2025, à vérifier pour l’année en cours.)

Au-delà de ce plafond, la fraction de prime qui le dépasse est soumise aux cotisations sociales comme un salaire ordinaire. La situation au regard de la CSG-CRDS et de l’impôt sur le revenu est plus nuancée et a évolué dans le temps : selon les périodes, la taille de l’entreprise et le niveau de rémunération du salarié, la prime peut être ou non exonérée d’impôt sur le revenu et de CSG-CRDS. Ces règles ayant été plusieurs fois modifiées, il est indispensable de vérifier le régime applicable à l’année de versement auprès de l’Urssaf et de l’administration fiscale.

La condition essentielle : pas de substitution au salaire

La règle la plus stricte du dispositif est l’interdiction de substitution. La PPV ne doit en aucun cas remplacer un élément de rémunération versé par l’employeur ou qui deviendrait obligatoire (salaire, prime conventionnelle, augmentation prévue, etc.). Autrement dit, l’entreprise ne peut pas transformer une prime habituelle ou une hausse de salaire en PPV pour profiter de l’exonération.

En cas de contrôle Urssaf, une PPV qui se substituerait à du salaire perd le bénéfice de l’exonération et est requalifiée en salaire, avec rappel de cotisations. C’est le principal point de vigilance lors de la mise en place du dispositif : la prime doit constituer un supplément réel et non un habillage d’une rémunération existante.

Placer la prime sur un plan d’épargne

Le salarié peut choisir d’affecter tout ou partie de sa PPV à un plan d’épargne salariale (par exemple un PEE ou un plan d’épargne retraite collectif), lorsque l’entreprise en est dotée. Ce placement présente deux intérêts : il peut donner lieu à un abondement de l’employeur, et il permet, le cas échéant, de bénéficier d’un traitement fiscal plus favorable de la prime placée.

L’employeur doit alors informer le salarié du délai dont il dispose pour formuler sa demande d’affectation. Ce mécanisme rapproche la PPV des autres outils de partage de la valeur et renforce son attrait dans les entreprises déjà équipées d’un dispositif d’épargne salariale.

Exemple chiffré

Une SARL de 8 salariés, sans accord d’intéressement, décide de verser une PPV pour récompenser une bonne année. Elle fixe une enveloppe et choisit de moduler selon la rémunération.

  • À un salarié, elle verse 2 500 € de PPV. Comme le montant est inférieur au plafond de 3 000 €, la prime est exonérée de cotisations sociales en totalité : le coût employeur correspond essentiellement à la somme versée, sans charges patronales supplémentaires.
  • À un cadre, elle verse 3 500 €. La fraction de 3 000 € est exonérée de cotisations ; les 500 € excédentaires sont soumis aux cotisations sociales comme un salaire.

Comparée à une prime de salaire classique, la PPV permet ici de verser davantage à coût employeur égal, tant que l’on reste sous le plafond. Le traitement de la prime au regard de la CSG-CRDS et de l’impôt sur le revenu dépend toutefois des règles de l’année et de la rémunération du salarié : ce point doit être vérifié avant le versement.

Points d’attention et erreurs fréquentes

  • Vérifier les montants et le régime de l’année : les plafonds d’exonération (3 000 € / 6 000 €) et le sort fiscal de la prime ont changé plusieurs fois ; ne jamais raisonner sur d’anciennes règles.
  • Ne pas substituer la PPV au salaire : c’est la cause de requalification la plus fréquente en cas de contrôle.
  • Respecter les critères de modulation autorisés : toute modulation reposant sur un critère non prévu fait perdre le bénéfice du dispositif.
  • Formaliser la décision par un accord ou une décision unilatérale, et informer le CSE le cas échéant.
  • Déclarer la prime en DSN avec le bon code, condition du suivi de l’exonération par l’Urssaf.

Questions fréquentes

La prime de partage de la valeur est-elle obligatoire ?

Non. La PPV est entièrement facultative : l’employeur décide librement s’il la verse, à quel montant et selon quels critères de répartition, dans le cadre prévu par les textes.

Jusqu’à quel montant la PPV est-elle exonérée ?

L’exonération de cotisations sociales s’applique, en 2025, dans une limite de l’ordre de 3 000 € par an et par salarié, portée à 6 000 € en présence d’un accord d’intéressement ou de participation. Ces montants sont à vérifier pour l’année en cours.

La PPV peut-elle remplacer une augmentation de salaire ?

Non. La prime ne doit jamais se substituer à un élément de rémunération ou à une augmentation. Une PPV substitutive est requalifiée en salaire et perd le bénéfice de l’exonération.

La PPV est-elle imposable pour le salarié ?

Cela dépend de l’année de versement, de la taille de l’entreprise et de la rémunération du salarié : le régime au regard de l’impôt sur le revenu et de la CSG-CRDS a évolué plusieurs fois. Il faut donc vérifier les règles applicables à l’année concernée.

Source officielle : urssaf.fr — La prime de partage de la valeur. Les plafonds d’exonération et le régime fiscal de la PPV sont à vérifier chaque année sur urssaf.fr et service-public.fr.

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