Un modèle d’acte de caution solidaire permet à un proche de s’engager à payer le loyer et les charges d’un locataire en cas de défaillance, et constitue souvent une condition pour obtenir un logement en location. Ce document n’a rien d’anodin : il engage juridiquement le garant sur des sommes parfois conséquentes, pendant toute la durée du bail. Cet article explique ce qu’est la caution solidaire, le formalisme exigé depuis la réforme de 2022, la différence avec la caution simple, l’étendue de l’engagement et les précautions à prendre avant de signer.
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Qu’est-ce que la caution solidaire en location ?
La caution est la personne (souvent un parent, un proche ou un organisme) qui s’engage à payer les dettes locatives du locataire si celui-ci ne le fait pas. On parle de caution solidaire lorsque le bailleur peut réclamer le paiement directement au garant, dès le premier impayé, sans avoir à poursuivre d’abord le locataire. C’est la forme la plus protectrice pour le propriétaire, et de loin la plus répandue dans les baux d’habitation.
L’engagement est matérialisé par un acte écrit, signé par la caution, joint au contrat de location. Cet acte précise l’identité des parties, le logement concerné, le montant du loyer garanti et l’étendue exacte de l’engagement. Il accompagne généralement la signature du bail d’habitation ou du bail meublé.
Le formalisme de l’acte depuis la réforme de 2022
Pendant longtemps, la caution devait recopier mot pour mot une longue mention manuscrite légale, sous peine de nullité de l’engagement. La loi Elan de 2018 puis la réforme du droit des sûretés, entrée en vigueur le 1er janvier 2022, ont nettement simplifié ce formalisme.
Désormais, l’article 2297 du Code civil n’impose plus de recopier un texte type imposé. La caution doit apposer elle-même une mention exprimant, de façon claire, qu’elle a conscience de l’étendue de son engagement. Cette mention peut être manuscrite ou tapuscrite (saisie au clavier), et l’acte peut être signé par voie électronique. La signature manuscrite sur papier n’est donc plus une obligation.
Pour rester valable, un modèle d’acte de caution solidaire doit faire apparaître plusieurs informations essentielles :
- le montant du loyer et des charges garantis, en chiffres et en lettres ;
- les conditions de révision du loyer (indexation sur l’indice de référence des loyers) ;
- l’étendue de l’engagement : loyers, charges, réparations locatives, intérêts et éventuels dommages et intérêts ;
- la durée de l’engagement (déterminée ou indéterminée) ;
- la mention par laquelle la caution reconnaît avoir pris connaissance de la portée de son engagement.
Le bailleur doit par ailleurs remettre à la caution un exemplaire du contrat de bail. Cette remise permet au garant de connaître précisément les obligations qu’il s’engage à couvrir. Un modèle d’acte de cautionnement complet reprend l’ensemble de ces éléments.
Caution simple ou caution solidaire : quelle différence ?
La distinction est fondamentale, car elle change radicalement la situation du garant en cas d’impayé.
- Caution simple : le bailleur doit d’abord réclamer le paiement au locataire avant de se retourner vers la caution. Celle-ci bénéficie du « bénéfice de discussion » et, s’il y a plusieurs garants, du « bénéfice de division ».
- Caution solidaire : le bailleur peut s’adresser directement à la caution dès le premier loyer impayé, sans poursuivre préalablement le locataire. La caution renonce aux bénéfices de discussion et de division.
Concrètement, la caution solidaire est bien plus engageante pour le garant : il peut être sollicité immédiatement et pour la totalité de la dette. C’est précisément pour cette raison que les bailleurs la privilégient.
Durée et étendue de l’engagement
L’engagement de la caution peut être souscrit pour une durée déterminée ou indéterminée, et l’acte doit le préciser.
- Durée déterminée : l’engagement court jusqu’à une date ou un terme précis (par exemple trois ans, renouvellement compris). La caution reste tenue jusqu’à ce terme, même si le locataire quitte le logement avant, et ne peut pas résilier librement.
- Durée indéterminée : la caution peut résilier son engagement à tout moment, mais la résiliation ne prend effet qu’à la fin du bail en cours, moyennant le respect d’un préavis.
L’étendue de l’engagement doit être clairement bornée dans l’acte : loyers, charges, réparations locatives et, le cas échéant, dommages et intérêts. Le bailleur a par ailleurs l’obligation d’informer chaque année la caution du montant de la dette garantie ; le manquement à cette obligation peut le priver de son recours contre le garant.
Conseils pour le garant avant de signer
- Lisez attentivement le bail et conservez l’exemplaire remis par le bailleur.
- Vérifiez le montant exact du loyer, des charges et les conditions de révision indiqués dans l’acte.
- Privilégiez une durée déterminée et raisonnable, plutôt qu’un engagement indéfini.
- Évaluez votre capacité financière à assumer plusieurs mois de loyer en cas de défaillance.
- Demandez à recevoir les quittances de loyer ou un point régulier sur le bon paiement des loyers.
Les erreurs à éviter
- Signer sans lire : ne pas vérifier le montant garanti ni la durée expose à de mauvaises surprises.
- Confondre simple et solidaire : la mention « solidaire » supprime toute protection préalable du garant.
- Omettre une mention obligatoire : un acte incomplet peut être frappé de nullité.
- Ignorer la durée : un engagement à durée indéterminée mal compris peut se prolonger plus longtemps que prévu.
- Ne pas réclamer l’exemplaire du bail, pourtant indispensable pour mesurer la portée de l’engagement.
Questions fréquentes
La mention manuscrite est-elle encore obligatoire ?
Depuis le 1er janvier 2022, il n’est plus nécessaire de recopier mot pour mot une mention légale imposée. La caution doit toutefois apposer une mention, manuscrite ou tapuscrite, exprimant clairement qu’elle a conscience de l’étendue de son engagement (article 2297 du Code civil).
Le bailleur peut-il réclamer directement à la caution solidaire ?
Oui. C’est la caractéristique de la caution solidaire : dès le premier loyer impayé, le bailleur peut s’adresser directement au garant, sans avoir à poursuivre d’abord le locataire.
Une caution peut-elle se désengager ?
Pour un engagement à durée déterminée, non : la caution reste tenue jusqu’au terme prévu. Pour un engagement à durée indéterminée, elle peut résilier, mais la résiliation ne prend effet qu’à l’échéance du bail en cours, sous réserve d’un préavis.
L’acte peut-il être signé électroniquement ?
Oui. Depuis la réforme de 2022, la signature électronique de l’acte de cautionnement est expressément admise, au même titre que la signature manuscrite sur papier.
Avertissement : se porter caution solidaire constitue un engagement lourd et durable. Le garant peut être tenu de payer plusieurs milliers d’euros pendant toute la durée du bail. Avant de signer, mesurez précisément la portée de votre engagement et n’hésitez pas à solliciter un conseil juridique ou votre expert-comptable. Pour aller plus loin, consultez la fiche officielle acte de caution solidaire ou simple sur service-public.gouv.fr.





