La taxe ordures ménagères, plus exactement la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM), est un impôt local assis sur la valeur locative cadastrale de votre bien et recouvré chaque année en même temps que la taxe foncière. Due par le propriétaire, elle finance la collecte et le traitement des déchets assurés par votre commune ou votre intercommunalité. Mais qui la paie réellement quand le logement est loué ? Comment se calcule-t-elle ? En quoi diffère-t-elle de la REOM ? Le cabinet d’expertise comptable Dinergie fait le point sur cette taxe que tout propriétaire, particulier comme professionnel, doit savoir lire et anticiper.
Qu’est-ce que la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) ?
La TEOM est une taxe annexe à la taxe foncière sur les propriétés bâties. Elle est instituée par les communes ou les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) qui assurent le service public d’élimination des déchets ménagers. Concrètement, dès lors qu’un bien immobilier bâti se trouve dans une zone où la collectivité a voté la TEOM, le propriétaire est redevable de cette taxe ordures ménagères, qu’il utilise ou non le service.
La taxe est établie au nom du propriétaire ou de l’usufruitier du bien. Elle figure sur le même avis d’imposition que la taxe foncière et se règle aux mêmes échéances, généralement en octobre. À ce titre, elle suit le sort de la taxe foncière : un bien exonéré de taxe foncière de manière permanente échappe en principe à la TEOM.
Point essentiel : la TEOM n’est pas la contrepartie directe d’un service rendu. Elle est due indépendamment du volume de déchets réellement produit, et même si le logement est inoccupé une partie de l’année. C’est précisément ce qui la distingue de la redevance (REOM), que nous détaillons plus loin.
Comment la TEOM est-elle calculée ?
Le calcul de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères repose sur la même base que la taxe foncière : la valeur locative cadastrale du bien. Plus précisément, l’assiette retenue correspond à la moitié de la valeur locative cadastrale de la propriété. Cette base est ensuite multipliée par un taux librement fixé par la collectivité.
La formule de base se résume ainsi :
- Base d’imposition = 50 % de la valeur locative cadastrale ;
- Montant de la TEOM = base d’imposition × taux voté par la commune ou l’EPCI ;
- + frais de gestion de la fiscalité locale prélevés par l’administration.
Le taux est voté chaque année par l’organe délibérant de la collectivité, avant le 15 octobre pour une application l’année suivante. C’est pourquoi deux logements de surface comparable peuvent supporter une TEOM très différente d’une commune à l’autre : tout dépend à la fois de la valeur locative cadastrale et du taux local. Les collectivités peuvent par ailleurs instituer un plafonnement des valeurs locatives servant de base à la taxe, afin de lisser les écarts les plus importants.
Comme la valeur locative cadastrale est revalorisée chaque année par un coefficient national, le montant de la TEOM progresse mécaniquement, même à taux communal inchangé. Pour les investisseurs immobiliers, c’est une charge à intégrer dans le calcul de rentabilité au même titre que la taxe foncière.
Qui paie la TEOM : propriétaire ou locataire ?
C’est l’une des questions les plus fréquentes. Sur le plan fiscal, le redevable légal de la taxe ordures ménagères est toujours le propriétaire (ou l’usufruitier). C’est lui qui reçoit l’avis et qui doit acquitter la taxe auprès du Trésor public.
En revanche, lorsque le bien est loué, la TEOM figure parmi les charges récupérables sur le locataire, dont la liste est fixée par le décret du 26 août 1987. Le propriétaire bailleur peut donc en demander le remboursement à son locataire, au titre des charges locatives. Une nuance importante : seul le montant de la taxe elle-même est récupérable. Les frais de gestion de la fiscalité locale ajoutés par l’administration restent à la charge du propriétaire et ne peuvent être refacturés.
En pratique, le bailleur doit pouvoir justifier le montant réclamé au locataire en lui présentant, sur demande, une copie de l’avis de taxe foncière mentionnant la ligne TEOM. Pour les bailleurs en location meublée ou nue, ce poste de charge doit être correctement reflété dans la déclaration des revenus fonciers, car la TEOM acquittée constitue une charge déductible tandis que le remboursement par le locataire constitue un produit à déclarer.
TEOM ou REOM : quelle différence ?
Les collectivités ont le choix entre deux modes de financement du service des déchets : la TEOM (une taxe) ou la REOM (une redevance d’enlèvement des ordures ménagères). Une même commune ne peut pas appliquer les deux sur le même territoire. La différence est fondamentale.
| Critère | TEOM (taxe) | REOM (redevance) |
|---|---|---|
| Nature | Impôt local annexe à la taxe foncière | Redevance pour service rendu |
| Base de calcul | Moitié de la valeur locative cadastrale | Importance du service rendu (volume, nombre de personnes) |
| Redevable | Le propriétaire ou l’usufruitier | L’usager qui occupe le logement |
| Lien avec le service | Indépendante du service réellement utilisé | Proportionnelle au service consommé |
| Recouvrement | Avec la taxe foncière (Trésor public) | Facturée directement par la collectivité |
| Récupération sur locataire | Oui, charge récupérable | Payée directement par l’occupant |
En résumé : la TEOM ne dépend pas du service rendu et frappe la propriété bâtie, tandis que la REOM est calculée en fonction de l’importance du service rendu et est due par celui qui habite réellement le logement. La TEOM, adossée à la taxe foncière, reste de loin le mode de financement le plus répandu en France.
La TEOM incitative : payer selon ses déchets
Pour concilier la simplicité de la taxe et la logique « pollueur-payeur » de la redevance, le législateur a créé la TEOM incitative. Les collectivités peuvent ajouter à la part fixe classique une part incitative, assise sur la quantité de déchets produits par chaque foyer.
Cette part variable est calculée en fonction de la quantité et éventuellement de la nature des déchets : volume du bac, poids collecté, ou nombre de levées (le nombre de fois où le bac est présenté à la collecte). Le mécanisme se compose donc de deux éléments :
- une part fixe, qui fonctionne comme un abonnement au service et reste calculée sur la valeur locative ;
- une part incitative, qui augmente ou diminue selon le volume de déchets réellement produits.
L’objectif est clair : encourager la réduction des déchets et le tri. Plus un foyer ou une entreprise trie et réduit ses ordures résiduelles, plus sa part incitative baisse. Ce dispositif reste optionnel et dépend d’une délibération expresse de la collectivité ; toutes les communes ne l’ont pas adopté.
Cas des locaux professionnels et exonérations
La taxe d’enlèvement des ordures ménagères ne concerne pas que les logements. Elle s’applique à tous les biens immobiliers bâtis imposables à la taxe foncière, qu’il s’agisse de logements, de locaux professionnels ou de locaux commerciaux. Un cabinet, un commerce, un entrepôt ou un bureau situé dans une zone couverte par le service est donc redevable de la TEOM.
Pour les entreprises, plusieurs particularités méritent attention :
- Les collectivités peuvent instituer une TEOM avec un taux différencié par zone en fonction de l’importance du service rendu, ce qui peut conduire à des taux spécifiques pour certaines zones d’activité.
- Une collectivité peut décider d’exonérer les locaux à usage industriel ou commercial par une délibération expresse, lorsque ces établissements gèrent eux-mêmes l’élimination de leurs déchets via un prestataire privé.
- Les biens exonérés de taxe foncière de manière permanente n’entrent pas dans le champ de la TEOM.
Les exonérations restent toutefois limitées et doivent être votées par la collectivité. À noter : les dégrèvements et exonérations sociaux applicables à la taxe foncière (personnes âgées, en situation de handicap, sous condition de ressources) ne s’étendent pas automatiquement à la TEOM, qui reste due. Pour une SCI détenant un patrimoine immobilier ou une société exploitant ses propres locaux, l’optimisation de ce poste passe d’abord par une bonne lecture de l’avis de taxe foncière et, le cas échéant, par une demande d’exonération auprès de la collectivité compétente.
Questions fréquentes sur la taxe ordures ménagères
La TEOM est-elle déductible des revenus fonciers ?
Pour un bailleur soumis au régime réel, la TEOM acquittée est une charge déductible des revenus fonciers. En contrepartie, la part remboursée par le locataire au titre des charges récupérables constitue un revenu à déclarer. Ces deux mouvements doivent figurer correctement sur la déclaration des revenus fonciers.
Doit-on payer la TEOM pour un logement vacant ?
Oui, en principe. La TEOM étant due indépendamment de l’utilisation réelle du service, elle reste exigible même si le logement est inoccupé, dès lors qu’il demeure imposable à la taxe foncière. Des dispositifs de dégrèvement existent toutefois pour les logements vacants dans certaines conditions strictes.
Mon propriétaire peut-il me refacturer la TEOM ?
Oui. La TEOM fait partie des charges récupérables sur le locataire. Le bailleur peut donc en demander le remboursement, à l’exclusion des frais de gestion ajoutés par l’administration. Le locataire peut demander à voir l’avis de taxe foncière justifiant le montant réclamé.
Une entreprise peut-elle être exonérée de TEOM ?
C’est possible lorsque la collectivité a délibéré pour exonérer les locaux à usage industriel ou commercial, notamment ceux qui assurent eux-mêmes l’élimination de leurs déchets. Cette exonération n’est jamais automatique : elle dépend de la commune ou de l’EPCI dont relève le local.
Faites le point sur votre fiscalité locale avec Dinergie
La TEOM, en apparence anodine, peut représenter une charge significative pour un propriétaire bailleur ou une entreprise multi-sites. Bien la lire, la récupérer correctement auprès des locataires, vérifier les possibilités d’exonération et l’intégrer dans vos déclarations : autant de réflexes qui sécurisent votre fiscalité. Le cabinet Dinergie accompagne particuliers, investisseurs et entreprises dans l’optimisation de leur fiscalité immobilière et la gestion de leurs obligations déclaratives. Vous pouvez également consulter notre dossier sur la domiciliation d’entreprise ou la taxe sur les salaires pour aller plus loin.
Source officielle : Service-Public.fr — Taxe ou redevance d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM ou REOM).





