Les rémunérations augmentent toujours plus rapidement que les coûts, cependant, la vitesse d'augmentation diminue. Selon les données publiées par le ministère du Travail ce vendredi, le salaire de base mensuel des travailleurs du secteur privé a connu une hausse de 2,9 % en un an, au second trimestre.
Par Nathalie SILBERT
—
Texte ré
Au cours de la dernière année, les rémunérations ont connu une croissance plus rapide que les coûts, bien que cette accélération semble ralentir avec le temps. Lors du deuxième trimestre, on a observé une augmentation de 0,6% du salaire mensuel de base pour les employés du secteur privé, d'après les chiffres préliminaires diffusés ce vendredi par le département du Travail. Sur une période d'un an, cette augmentation est réduite à 2,9%, comparée à 3,2% durant les trois premiers mois de l'année.
Cependant, ces données doivent être interprétées dans un environnement où l'inflation ralentit considérablement. En observant que les prix à la consommation – pour tous les foyers et sans inclure le tabac – ont grimpé de 2 % entre la fin juin 2023 et la fin juin 2024, cela indique donc une augmentation du pouvoir d'achat pour les travailleurs.
Au cours de l'année et en termes d'euros constants, le SMB a augmenté de 0,8 % et même de 1,4 % pour les travailleurs manuels les plus privilégiés grâce à l'ajustement automatique du SMIC, qui est lié à l'inflation. Cependant, pour les employés, l'augmentation n'a pas dépassé 0,5 %. Elle a même été plus faible que celle des cadres (+0,6 %), qui bénéficient souvent d'ajouts à leurs salaires.
Augmentations plus marquées dans le secteur industriel
"Dorian Roucher, directeur du département de l'économie à l'Insee, admet que les salaires ont tardé à s'adapter à l'inflation. Cependant, ils ont tendance à ralentir presque simultanément avec les augmentations de prix, ce qui a été pour nous une grande surprise", déclare-t-il.
Cependant, l'évolution a varié en fonction des différents secteurs professionnels. C'est dans le domaine industriel que l'augmentation a été la plus marquée, avec une hausse de 1,3% du SMB en euros constants, mettant en évidence le besoin de main-d'œuvre alors que la renaissance industrielle du pays est essentielle. En revanche, dans le secteur de la construction, qui est embourbé dans des problèmes, ainsi que dans le secteur tertiaire, l'augmentation a été deux fois moindre (+0,7%).
Malgré le fait que les revenus n'ont pas permis aux familles de compenser leur perte de pouvoir d'achat due à l'inflation importante de ces deux dernières années, les augmentations prévues pour 2024 pourraient être décevantes. Selon les prévisions de l'Institut de la statistique, une augmentation de 2,9 % du salaire minimum est attendue cette année, après une hausse significative de 4,3 % en 2023. Les salaires réels connaîtraient une « légère » augmentation en 2024, de 0,6 % selon l'Insee. Dorian Roucher note donc que « l'évolution des salaires cette année ne compenserait pas les pertes subies par les salariés en 2022 et 2023, qui s'élèvent à 2,5 % ».
La croissance du revenu moyen par personne (comprenant les bonus et les heures supplémentaires) ne serait pas particulièrement plus vigoureuse. Dans le plan de stabilité soumis à Bruxelles en avril dernier, le gouvernement Attal avait supposé qu'il n'augmenterait plus qu'à un taux de « 2,7 % par an en moyenne », comparé à 4,2 % l'année précédente. Plus sanguine, la Banque de France prévoit dans ses estimations une progression de 3,1 % en 2024.
Ces tendances sont confirmées par des statistiques publiées ce vendredi par l'Insee. Le coût horaire du travail, qui comprend les salaires, les cotisations et les taxes, après déduction des subventions, dans les secteurs commerciaux non agricoles, a connu une augmentation de 2,7 % en un an au second trimestre 2024, par rapport à une augmentation de 3 % au cours du trimestre précédent. Une décélération qui peut également être attribuée à des paiements de la prime de partage de la valeur qui ont légèrement diminué en un an. Depuis sa fiscalisation le 1er janvier 2024, cette prime a perdu de son intérêt pour les entreprises françaises.
Nathalie Silbert
Nouveauté : jetez un oeil à nos propositions haut de gamme !
Nos Clips
Paris des paris sportifs en ligne : qui sont les victorieux ?
Portugal, Espagne, Grèce : le retour en force des "nations du Club Med"
Les jeunes ont-ils un véritable souci avec l'emploi ?
SNCF : est-ce que la compétition peut réduire le coût des tickets de train ?
Les plus consultés
Les JO de Paris stimulent l'économie française cet été
"Après les JO, les investisseurs vont se concentrer sur des enjeux plus fondamentaux"
Les salaires augmentent toujours plus rapidement que les coûts, mais la hausse ralentit
En tête
Nouveau cabinet : Emmanuel Macron invite les partis politiques le vendredi 23 août
Mpox : l'Europe doit "se préparer" à une augmentation des cas
La reprise des marchés boursiers mondiaux se confirme
Situation Nationale
Les JO de Paris stimulent l'économie française cet été
"Après les JO, les investisseurs vont se concentrer sur des enjeux plus fondamentaux"
Les salaires augmentent toujours plus rapidement que les coûts, mais la hausse ralentit
Utile
P
L'équipe
Tous les droits sont détenus – Les Echos 2024